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Un forum pour contrer le « rouleau compresseur » du modèle économique dominant

Le Forum mondial de l'économie sociale qui s'ouvre ce matin au palais des congrès de Montréal est une occasion pour le Québec d'apprendre des meilleures pratiques élaborées en la matière partout dans le monde, estime Jean-Martin Aussant.

En entrevue à ICI RDI, le directeur général du Chantier de l'économie sociale, qui organise conjointement l'événement avec la Ville de Montréal, soutient qu'il est essentiel de trouver des solutions alternatives au « rouleau compresseur du modèle [économique] actuel ».

« Il y a beaucoup de gens qui vont parler de projets, et qui vont pouvoir apprendre, ici aussi. On est des leaders, on a beaucoup à donner à la planète. Mais on a aussi beaucoup à apprendre de ces gens-là », a-t-il souligné.

Quelque 7000 entreprises associées à l'économie sociale sont actives au Québec et elles embauchent environ 150 000 personnes, indique M. Aussant, en précisant que le gouvernement et l'Institut national de la statistique présenteront bientôt un portrait plus précis du phénomène.

Parmi les entreprises les plus connues du secteur, il cite le Mouvement Desjardins, la TOHU, la Société des arts technologiques, mais aussi de nombreuses microbrasseries regroupées sous forme de coopératives, et même une guilde de programmateurs de jeux vidéo.

« C'est vraiment un secteur gigantesque de notre économie, c'est presque 10 % de notre PIB, ce qui est rare dans le monde. On est presque des précurseurs là-dessus », affirme l'ex-député péquiste et fondateur d'Option nationale.

Jean-Martin Aussant déplore que le terme « économie sociale » soit empreint de préjugés. « Les gens associent ça à de l'aide sociale, ou à l'aide aux pauvres, aux démunis, alors que c'est 40 milliards de dollars de chiffre d'affaires au Québec. C'est énorme! »

Au Québec, la Loi sur l'économie sociale définit clairement les entreprises du secteur comme étant une coopérative, une mutuelle ou une organisation sans but non lucratif, rappelle encore M. Aussant.

Ces entreprises se distinguent des autres par leur finalité « un peu plus collective que le simple prix de l'action qui doit monter », résume-t-il. Les profits qu'elles génèrent sont plutôt réinvestis dans de nouveaux ou de meilleurs services, afin d'obtenir un impact collectif.

Leur nature explique d'ailleurs pourquoi leur taux de survie est supérieur à celles des entreprises du secteur privé.

« Donc, le fait que ce soit un projet collectif souvent à la base, ça fait que le taux de survie après 10 ans est souvent le double de celui du privé », ajoute-t-il. « Pour la répartition des richesses, plus équitable, dont on a tant besoin, c'est une forme d'entreprise particulièrement efficace. »

Bien qu'il se fasse l'apôtre de ce type d'approche économique, Jean-Martin Aussant rappelle que son but n'est pas de faire disparaître le secteur privé ou de remplacer l'action gouvernementale dans certains domaines.

Il s'agit plutôt de parvenir à « un équilibre entre les trois piliers que sont le gouvernement, le privé et le collectif », conclut-il. « Et le jour où cet équilibre-là va être atteint, je pense qu'on va faire un grand pas. »

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