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Tout un défi attend le mentor de l’équipe canadienne de paranatation à Rio

Les Jeux paralympiques de Rio seront peut-être les derniers de Benoît Huot. Le mentor de l'équipe canadienne se présentera à Rio dans un état serein, malgré le défi qui l'attend s'il souhaite monter sur le podium de sa catégorie.

Un texte d'Alexandra Piché

« J'approche ces Jeux comme si c'était mes derniers. J'essaie vraiment de savourer chacun des instants et d'en profiter au maximum. J'essaie de ne pas trop penser à l'après-Rio, mais je suis conscient que quatre ans, c'est long. Sachant où j'en suis dans ma vie, je ne pense pas être capable de le faire. Si jamais je continue après les Jeux, je vais y aller une année à la fois, une compétition à la fois », indique le nageur de Longueuil.

Son objectif est simple au Brésil. Il ne vise pas les médailles et les records du monde. Il aimerait simplement se rapprocher des meilleurs temps de sa carrière, et si possible en fracasser un. Il luttera avec les autres nageurs de la catégorie S10, mais avant tout il sera en compétition avec lui-même.

Le palmarès du nageur est assez impressionnant. Depuis ses premiers Jeux en 2000, il a récolté 19 médailles paralympiques, dont 9 d'or. Il a amassé 28 médailles en Championnats du monde, en plus d'abaisser plus de 50 records du monde dans sa catégorie. Il sait cependant qu'à 32 ans il sera difficile de s'approcher des meilleurs temps de sa carrière.

« Les gens ne réalisent pas combien c'est difficile à 32 ans. Pour vous dire, Michael Phelps a remporté six médailles à Rio, dont cinq d'or, mais il n'a fait aucun record personnel sur ces six épreuves. C'est difficile quand tu arrives dans la trentaine. Ce n'est pas impossible par contre, et c'est ça qui est magique. »

Les quatre dernières années n'ont pas été faciles pour Huot. En 2014, il s'est fait voler plusieurs de ses médailles à son domicile de Longueuil. En 2015, il a dû s'exiler à Toronto durant huit mois pour poursuivre l'entraînement. Depuis qu'il est de retour à Montréal, il est au sommet de sa forme.

« Je suis tellement content d'être de retour à la maison, c'est le jour et la nuit. Je ne réalisais pas à quel point ce serait exigeant d'être exilé à Toronto. Maintenant que je peux m'entraîner à Montréal, je suis mieux mentalement et physiquement. Un nageur content est un nageur qui nage vite. »

Et pour être compétitif à Rio, Huot est conscient qu'il devra traverser la piscine très rapidement, car son sport a évolué à une vitesse phénoménale dans les dernières années.

Un nageur ukrainien particulièrement rapide vient également brouiller les cartes dans la catégorie de Benoît Huot. Denys Dubrov a fait ses premières apparitions dans le milieu paralympique l'année dernière. Il a entre autres remporté deux médailles d'or aux Championnats du monde de l'IPC et a fracassé le record du monde de Huot au 200 m quatre nages en 2016. Avant de devenir un para-athlète, l'Ukrainien faisait carrière chez les nageurs sans handicap. Il détient d'ailleurs le record de son pays au 200 m quatre nages.

« C'est un nageur de niveau olympique. Il a apparemment une nouvelle condition qui lui permet de faire du paralympique, mais personne ne la connaît. Quand tu fais du quatre nages, ça veut dire que tu es bon à toutes les épreuves. Il va certainement être dominant partout. »

Le Québécois devra donc exceller dans la piscine du Centre aquatique de Rio s'il souhaite défendre ses titres.

Il s'est envolé vers le Brésil aux côtés de plusieurs jeunes nageurs, dont la multiple médaillée des derniers mondiaux Aurélie Rivard. Quand il tirera sa révérence, celle à qui il a servi d'inspiration pourra prendre la relève et à son tour aider les nouveaux venus.

« Aurélie a la personnalité pour. Elle a aussi la chance d'être généreuse de son temps. J'espère qu'elle va être là pour les 10 prochaines années », dit Huot.

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