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06/09/2016 12:32 EDT | Actualisé 07/09/2017 01:12 EDT

«Valeurs anticanadiennes»: Bernier en désaccord avec la proposition de Leitch

OTTAWA — La meilleure façon d'assurer la pérennité des «valeurs canadiennes» n'est pas de dépister en amont les immigrants ou réfugiés qui ne les partageraient pas, mais bien de leur offrir davantage d'opportunités économiques, croit Maxime Bernier.

Le député de Beauce s'est montré peu favorable à la suggestion formulée par son adversaire Kellie Leitch, qui souhaiterait imposer aux candidats à l'immigration un test de valeurs afin de bloquer l'accès à ceux qui auraient des «valeurs anticanadiennes».

Les candidats à la direction du Parti conservateur devront vraisemblablement vivre avec ce débat, Mme Leitch ayant prévenu vendredi dernier que les Canadiens devaient se préparer à l'entendre discuter «plus, et non moins» à ce sujet au cours des prochains mois.

Maxime Bernier a été le premier à y goûter, mardi après-midi. La conférence de presse qu'il avait organisée à Ottawa — qui devait porter sur le sirop d'érable — a été quasi entièrement monopolisée par les questions sur cette proposition controversée de la candidate torontoise.

Le député n'a pas voulu dire si un débat sur cette question sensible pourrait déchirer la formation politique. Il a essentiellement pris acte que Kellie Leitch l'avait lancé, sans s'avancer sur les conséquences que cela pourrait avoir.

La suggestion de Mme Leitch a été descendue en flammes par un autre candidat à la direction du Parti conservateur, Michael Chong. La chef intérimaire de la formation politique, Rona Ambrose, s'est également prononcée contre dimanche dernier en entrevue au réseau CTV.

Un parallèle a été établi entre la démarche de Kellie Leitch et une proposition controversée qui a nui aux conservateurs lors de la dernière campagne électorale, en 2015: l'instauration d'une ligne téléphonique de délation pour signaler de présumées «pratiques culturelles barbares».

Après la défaite électorale, Mme Ambrose s'en était rapidement dissociée. Ce fut ensuite au tour de Mme Leitch: en entrevue à la CBC, en avril dernier, la députée ontarienne avait dit regretter cette initiative, les larmes aux yeux.