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06/09/2016 03:18 EDT | Actualisé 07/09/2017 01:12 EDT

Série d'attaques à Kaboul, 24 morts depuis lundi

Trois attentats successifs, dont un assaut de plusieurs heures contre une ONG internationale, ont secoué la capitale afghane Kaboul depuis lundi, tuant au moins 24 personnes et en blessant près d'une centaine.

En l'espace de moins de douze heures, les habitants de Kaboul ont subi successivement deux attentats à la bombe près du ministère de la Défense, puis l'attaque en pleine nuit par des hommes armés de bâtiments abritant l'association humanitaire CARE International dans un quartier aisé du centre de Kaboul.

Cette dernière attaque, qui ne s'est achevée que mardi matin suite à l'intervention de commandos afghans et n'a pas été revendiquée, constitue un "crime de guerre", s'est indignée l'organisation Amnesty International dans un communiqué.

Elle "visait délibérément des civils et constitue un crime de guerre", a accusé sa directrice en charge de l'Asie du Sud-Est, Champa Patel, dans un communiqué.

"La règle cardinale du droit humanitaire international est que les participants à un conflit armé ne doivent jamais attaquer délibérément des civils", a-t-elle estimé, appelant à une "enquête indépendante".

L'attaque, qui a eu lieu à proximité des bureaux de l'ancien chef des services secrets afghans Rahmatullah Nabil, avait débuté dans la nuit par l'explosion d'une voiture piégée, suivie de tirs épars.

Les trois assaillants ont été tués lors de l'intervention des forces de l'ordre. Six personnnes ont également été blessées.

"Quarante-deux personnes dont dix étrangers ont été sauvés", a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sediq Sediqqi.

"Un groupe armé a lancé une attaque contre ce qui semble être un site du gouvernement afghan situé près du bureau de CARE à Kaboul", a indiqué de son côté CARE International dans un communiqué, confirmant que son personnel était sain et sauf. Ses locaux en revanche ont été "endommagés", a-t-elle précisé.

Lundi, un double attentat à la bombe revendiqué par les talibans avait fait 24 morts et 91 blessés près du ministère de la Défense.

Ces attaques, les dernières d'une longue série, interviennent alors que les talibans renforcent leur offensive contre le gouvernement pro-occidental.

Un porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a indiqué sur Twitter que le premier attentat avait visé le ministère de la Défense et le second la police.

- Crise cardiaque -

Parmi les morts de lundi figurent plusieurs hauts responsables, ainsi qu'un jeune officier dont la mère a rendu l'âme lorsqu'elle a appris la nouvelle.

"La mère du colonel Ahmed a eu une crise cardiaque lorsqu'elle a appris la mort de son fils", a annoncé l'ex-ministre adjoint de l'Intérieur Ayub Salangi sur Twitter. "Elle avait perdu deux autres fils avant lui".

Le président afghan Ashraf Ghani a accusé les insurgés de s'en prendre aveuglément aux "gens ordinaires".

"Les ennemis de l'Afghanistan sont en train de perdre la bataille de terrain contre les forces de sécurité", a-t-il assuré dans un communiqué. "C'est pour cela qu'ils attaquent des autoroutes, des villes, des mosquées, des écoles et des gens ordinaires".

Les deux déflagrations ont eu lieu à quelques minutes d'intervalle, visant vraisemblablement à faire un maximum de victimes parmi les fonctionnaires qui quittaient alors le ministère.

La dernière attaque d'ampleur à Kaboul remonte au 25 août: un assaut de plus de dix heures contre l'Université américaine d'Afghanistan avait fait 16 morts. Deux professeurs de cette même université, un Australien et un Américain, ont par ailleurs été kidnappés par des inconnus.

Cette flambée de violence dans la capitale fait écho à l'intensification de l'offensive talibane dans le pays, où la situation sécuritaire s'est nettement détériorée depuis la fin des opérations de combat de l'Otan fin 2014.

L'armée afghane, soutenue par des forces américaines, est actuellement aux prises avec les talibans dans la province méridionale du Helmand, où elle essaie de protéger la capitale Lashkar Gah.

Les insurgés ont également resserré leur emprise sur la ville septentrionale de Kunduz, qu'ils avaient brièvement occupée à la fin de l'année dernière, soit leur principal fait d'arme depuis l'invasion américaine de 2001.

Le commandement de l'Otan affirme que ni Kunduz ni Lashkar Gah ne couraient le risque de tomber aux mains des rebelles.

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