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06/09/2016 07:29 EDT | Actualisé 07/09/2017 01:12 EDT

Parking effondré en Israël: quatre morts, trois disparus

Des centaines de sauveteurs recherchaient toujours mardi trois disparus dans les décombres d'un parking en construction qui s'est effondré la veille à Tel-Aviv et a coûté la vie à quatre personnes, selon la police.

Les équipes de secours ont extrait dans la journée les corps de deux hommes, ce qui porte à quatre le bilan des morts, a précisé la police. Lundi, deux corps avaient été retirés des ruines et 23 personnes ont été blessées.

Au lendemain du drame, cinq cents sauveteurs de la police, de l'armée et des pompiers continuaient à fouiller le site du parking, transformé en un vaste cratère rempli de tonnes de gravats et de sable.

L'un des responsables des opérations, le colonel de l'armée Ramten Sebty, a indiqué que les secours avaient employé une nouvelle technologie surnommée "Aluma" et permettant de repérer à un mètre près la présence d'un téléphone portable sous des décombres même si son propriétaire ne l'utilise pas.

"Il suffit qu'il soit allumé", a-t-il précisé. Au moins un des ouvriers ensevelis a été détecté grâce à ce dispositif "unique au monde" selon lui.

La police a dit ne se fixer aucune limite dans le temps pour retrouver les personnes disparues.

"Nous ne laisserons tomber personne", a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu lundi soir sur les lieux de l'accident, dans le quartier de Ramat Hahayal au nord-est de Tel-Aviv, où sont installées de grandes entreprises du secteur de la haute technologie.

Le parking en construction, avec quatre niveaux souterrains, s'est effondré pour des raisons inconnues, ensevelissant plusieurs ouvriers.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les responsabilités, a dit un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Ce drame met en lumière le problème des conditions de travail sur les chantiers en Israël.

Il illustre une culture du "vite fait bien fait, du mégotage, de la course à la réduction du temps de travail et des coûts, et du mépris pour la vie humaine", écrivait mardi le quotidien Maariv.

"Pourquoi cela se produit-il ? Parce que les travailleurs sont arabes, chinois, thaïlandais, russes, ukrainiens, et toutes sortes de gens invisibles qui ne comptent pas pour l'élite israélienne", accuse-t-il.

Depuis le début de l'année, 28 personnes ont été tuées sur des chantiers en Israël, selon la police.

Israël accuse une accidentologie élevée dans le secteur de la construction, deux fois plus que la moyenne européenne, indiquait un rapport du ministère de l'Économie et de l'Assurance sociale publié en mai dans la presse. Entre 2000 et 2015, 480 personnes ont trouvé la mort sur des chantiers selon ce rapport.

La gouverneure de la Banque d'Israël, Karnit Flug, avait déploré en janvier le recours généralisé à une main-d'oeuvre étrangère bon marché comme l'une des raisons pour lesquelles le bâtiment était l'un des secteurs les moins productifs de l'économie nationale, contribuant à la flambée des prix de l'immobilier et à un vaste mouvement de contestation sociale en 2011.

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