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06/09/2016 06:51 EDT | Actualisé 07/09/2017 01:12 EDT

La violence postélectorale aurait fait des dizaines de morts au Gabon

LIBREVILLE, Gabon — La violence postélectorale a fait entre 50 et 100 morts au Gabon, a affirmé mardi le candidat présidentiel de l'opposition, soit un bilan nettement plus lourd que celui de trois morts évoqué par le gouvernement.

Le pays a été secoué par plusieurs jours de violence après la réélection très serrée du président sortant.

Jean Ping affirme avoir remporté le scrutin du 27 août, même si la commission électorale assure que le président Ali Bongo Ondimba l'a devancé par 1,57 point de pourcentage. Des affrontements ont rapidement éclaté dans de pays d'Afrique centrale riche en hydrocarbures, après l'annonce des résultats la semaine dernière.

L'internet est paralysé au Gabon depuis le 31 août et il est donc très difficile d'obtenir une vérification indépendante de ce qui s'y passe.

La pression internationale augmente sur les dirigeants gabonais pour qu'ils fassent preuve de plus de transparence. Le premier ministre français Manuel Valls a déclaré mardi à la radio RTL qu'il serait logique de procéder à un nouveau dépouillement.

Les observateurs de l'Union européenne ont estimé que le vote a manqué de transparence et plusieurs pays — dont les États-Unis et la France — ont demandé au Gabon de publier les résultats des bureaux de scrutin individuels.

Le ministre de la Justice du Gabon a démissionné lundi quand le gouvernement a refusé de procédé à un nouveau dépouillement, comme le demandait M. Ping. L'Union africaine a offert son aide pour résoudre l'impasse.

Mardi, M. Ping a déclaré sur les ondes de France 24 que le bilan est nettement plus lourd que les trois morts mentionnés lundi par le ministre de l'Intérieur Pacome Moubelet Boubeya. Ce dernier a aussi évoqué 105 personnes blessées et quelque 1200 arrestations.

L'opposition estime qu'entre 50 et 100 personnes ont été tuées, sur la base des récits de témoins à travers le pays, a dit le porte-parole de M. Ping.

La réélection de M. Bongo étirerait une dynastie familiale née dans les années 1960. Il a été élu en 2009 après la mort de son père Omar Bongo, qui gouvernait depuis longtemps, ce qui avait donné lieu à d'autres manifestations.