NOUVELLES
06/09/2016 06:23 EDT | Actualisé 07/09/2017 01:12 EDT

Gabon: dans la foule des interpellés, deux Franco-Gabonais relâchés après un rappel à la loi

Au moins deux Franco-Gabonais ont été relâchés mardi à Libreville par une juridiction spéciale chargée de traiter les cas des centaines de personnes interpellées dans les violences post-électorales qui ont embrasé le Gabon il y a six jours, a constaté l'AFP.

Dans une salle d'audience bondée du palais de justice, les deux frères, arrêtés jeudi à Libreville, ont comparu devant trois magistrats pour un rappel à la loi.

Ils font parti des dizaines de personnes qui défilent à la barre en présence de leurs proches soulagés d'avoir enfin des nouvelles après les avoir cherchés pendant près d'une semaine dans les commissariats et les hôpitaux.

"La loi est dure mais c'est la loi. Vous avez été arrêtés pendant les émeutes. Le tribunal a décidé de vous relâcher. Nous invitons les parents à conscientiser les enfants. Il était imprudent de se trouver à certains moments dans certains endroits", leur a dit le président du tribunal, Fulgence Ongama, sur un ton professoral.

A la barre, les deux frères, Baptiste, 29 ans, et Cassien, 25 ans, ont été rejoints par leur mère Agnès, une Française établie au Gabon.

Les frères, tous deux maçons, ont été arrêtés alors qu'ils "marchaient" dans le quartier de Nzeng Ayong jeudi dernier "pour voir les dégâts" au lendemain du début des émeutes qui ont suivi la proclamation de la réélection contestée d'Ali Bongo, a expliqué Cassien à l'AFP.

Leurs conditions de détention au centre de police de la Fopi ont été "humiliantes", selon leur mère, directrice d'école d'une cinquantaine d'années établie au Gabon.

Leur statut de binational ne leur a procuré aucun traitement de faveur, selon le cadet Cassien. Son acte de naissance a été transcrit au consulat de France à sa naissance alors que l'aîné Baptiste est né à Bordeaux, selon leur mère.

Des "citoyens gabonais binationaux" (franco-gabonais) ont été "interpellés par les forces de l'ordre" gabonaises après les manifestations post-électorales, avait confirmé dans la nuit de lundi à mardi le ministère gabonais des Affaires étrangères. Ils sont une quinzaine d'après le Premier ministre français Manuel Valls.

st/cl/de