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06/09/2016 09:57 EDT | Actualisé 07/09/2017 01:12 EDT

Deux soldats turcs tués dans une attaque de l'EI en Syrie

Deux soldats turcs ont été tués mardi dans le nord de la Syrie dans la première attaque meurtrière imputée au groupe Etat islamique (EI) depuis le début d'une offensive turque il y a deux semaines, selon des sources officielles.

L'opération sans précédent, lancée le 24 août, vise à chasser à la fois l'EI et les milices kurdes de sa frontière. L'attaque de mardi a fait aussi cinq blessés parmi les militaires turcs, selon les mêmes sources.

"Deux de nos camarades sont tombés en martyrs et cinq ont été blessés dans une attaque à la roquette menée par des éléments de Daech (acronyme arabe de l'EI) sur deux de nos chars", a annoncé l'armée dans un communiqué, cité par la télévision privée NTV.

Un haut responsable turc a confirmé le bilan.

Il s'agit des premières pertes de l'armée turque dont la responsabilité est attribuée à l'EI depuis le début de l'opération "Bouclier de l'Euphrate". Le 28 août, la Turquie avait annoncé la mort d'un de ses soldats, accusant une milice kurde d'en être à l'origine.

Selon l'armée, l'attaque s'est déroulée au sud d'Al-Raï, près de la frontière, où des chars turcs ont ouvert le week-end dernier un nouveau front.

La télévision turque a diffusé des images sur lesquelles on peut voir des hélicoptères de l'armée survolant la frontière pour évacuer les blessés en Turquie.

Par ailleurs, deux combattants de l'opposition syrienne soutenue par Ankara ont été tués et deux autres blessés dans des affrontements dans la même région, selon le communiqué.

L'armée a également annoncé avoir frappé mardi "44 cibles à 153 reprises avec précision à l'aide de howitzers (obusiers) dans une région contrôlée par des terroristes", ajoutant que les avions de la coalition avaient également mené des raids contre des positions de l'EI.

Les rebelles syriens soutenus par les forces de la coalition ont repris deux villages près d'Al-Raï, a-t-elle ajouté, précisant que "l'opération se poursuit dans la région".

Dimanche, l'EI a été chassé de ses dernières positions le long de la frontière turco-syrienne, perdant ainsi un point de passage stratégique pour ses recrues et son approvisionnement depuis la Turquie.

Ankara veut établir une zone de sécurité d'une centaine de kilomètres dans le nord de la Syrie entre la localité de Jarablos et Azaz, plus à l'ouest. Le gouvernement turc assure que la zone a été totalement sécurisée au cours des dernières opérations.

Depuis le début de son opération, l'armée turque a surtout concentré ses efforts sur les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), davantage que sur l'EI. Or ces dernières sont un partenaire essentiel des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe ultraradical sunnite, auquel elles ont repris de larges pans de territoire.

De son côté, Ankara les considère comme un groupe "terroriste" et veut éviter qu'elles ne forment une zone autonome continue le long de la frontière turco-syrienne.

Plus tôt mardi, la Turquie avait dit espérer atteindre un cessez-le-feu entre le régime du président Bachar al-Assad et les combattants de l'opposition d'ici la semaine prochaine.

Le porte-parole du président turc, Ibrahim Kalin, a révélé que Recep Tayyip Erdogan s'était entretenu une seconde fois avec ses homologues russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama avant de quitter le sommet du G20 en Chine.

Selon lui, M. Erdogan a affirmé aux deux dirigeants qu'il était essentiel de "convenir d'un cessez-le ou d'une trêve le plus tôt possible" dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie.

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