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06/09/2016 03:16 EDT | Actualisé 07/09/2017 01:12 EDT

Bangladesh: un influent rédacteur en chef libéré de prison

Un célèbre rédacteur en chef proche de l'opposition est sorti mardi de prison au Bangladesh, cinq mois après son arrestation qui a avivé les craintes d'un musellement de la presse.

Proche du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP, opposition), Shafik Rehman, 81 ans, a été relâché provisoirement de la prison de Kashimpur, à proximité de Dacca, sur injonction de la Cour suprême.

"Il est très faible. Il a des problèmes cardiaques et plusieurs soucis de santé", a déclaré à l'AFP sa femme Taleya Rehman, indiquant que son mari allait être transporté sur-le-champ dans un hôpital de la capitale.

La campagne lancée par le gouvernement de Sheikh Hasina contre le BNP et ses alliés islamistes fait craindre pour la liberté d'expression dans ce pays au 155 millions d'habitants, dans un contexte de tensions encore aggravé par les attentats jihadistes.

M. Rehman, qui est également citoyen britannique, était le troisième journaliste de renom proche de l'opposition à avoir été arrêté. Les deux autres restent incarcérés, malgré les appels des groupes de défense des droits de l'Homme pour leur libération.

Les policiers bangladais avaient interpellé M. Rehman en avril dernier pour sédition.

Ils affirment avoir des preuves que l'intéressé a comploté pour enlever et assassiner le fils de la Première ministre, Sajeeb Wazed Joy, accusations que dément le suspect.

M. Rehman, qui a longtemps dirigé le quotidien à grand tirage Jai Jai Din, est actuellement rédacteur en chef d'un magazine mensuel populaire, Mouchake Dhil.

Il écrivait par le passé les discours de la leader de l'opposition Khaleda Zia, adversaire de longue date de l'actuelle Première ministre et qui fut à deux reprises chef du gouvernement.

Au cours des mois précédant son arrestation, il était devenu le responsable de la commission des affaires internationales du BNP de Mme Zia et dirigeait un groupe de réflexion pro-opposition, G-9.

La Cour suprême du Bangladesh avait ordonné jeudi qu'il soit libéré pour trois mois ou jusqu'à ce que la police engage formellement des poursuites contre lui, a indiqué son avocat M Asaduzzaman.

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