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06/09/2016 05:36 EDT | Actualisé 07/09/2017 01:12 EDT

Aurélie Rivard, promise à un brillant avenir

Aurélie Rivard n'est pas exactement comme toutes les filles de son âge. À 20 ans, elle s'envole pour les Jeux paralympiques de Rio avec la pression d'être l'un des plus beaux talents de la délégation canadienne.

Un texte d'Alexandre Couture

Ses deuxièmes Jeux paralympiques seront bien différents de ceux de Londres. « Il y a quatre ans, je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. J'étais très détendue parce que je n'avais rien à perdre. » À 16 ans, Aurélie avait pu compétitionner dans l'ombre de la vétérane Valérie Grandmaison, qui avait gagné l'or au 200 m libre S13.

Cette fois, c'est dans le rôle de paranageuse à battre qu'elle sautera dans la piscine olympique. Une étiquette qui, de son propre aveu, lui ajoute une pression supplémentaire.

« Cette pression-là, elle vient de l'extérieur, mais aussi de moi-même, assure-t-elle. Je vais avoir plus d'attention que je n'ai jamais eue, la game est différente. »

Benoît Huot, un mentor avant tout

Sa rencontre avec le paranageur Benoît Huot a été déterminante dans son développement d'athlète. « Je l'ai rencontré quand j'avais 12 ans, je ne savais même pas c'était quoi un para-athlète, se rappelle-t-elle. Il m'accompagne dans ma carrière depuis. »

Le principal intéressé ne tarit pas d'éloges sur sa protégée.

Pour Huot, qui s'approche de la retraite à 32 ans, Aurélie sera un modèle pour les générations à venir.

Force est d'admettre que les bons mots de Benoît Huot, gagnant de 19 médailles paralympiques, sont justifiés. Aurélie Rivard a connu une progression fulgurante dans les dernières années.

Elle avait fait écarquiller bien des yeux à sa première expérience olympique avec une médaille d'argent au 400 m libre.

Trois ans plus tard aux Jeux parapanaméricains de Toronto, elle a décroché un impressionnant total de sept médailles, dont six d'or. Elle détient également le record du monde au 100 m libre de la catégorie S10.

De l'avis de plusieurs analystes, Aurélie s'améliore à toutes les compétitions auxquelles elle participe.

Celle qui a scruté les performances de Penny Oleksiak avec grand intérêt aux derniers Jeux a reçu un cadeau bien particulier plus tôt cette année, une prothèse.

« Je peux placer les doigts pour faire plein de choses normales comme tenir ma sacoche par exemple », raconte-t-elle avec le sourire.

Cette nouvelle main lui permet de faire des gestes anodins du quotidien qu'elle n'avait jamais pu faire avec son handicap. Est-ce que cela a changé sa vie?

« Non, pas vraiment, parce que je suis habituée. Mais à 14 ans, ça aurait fait une immense différence dans l'acceptation de mon handicap. »

Du côté physique, la prothèse l'encourage notamment à utiliser son bras gauche, une habitude qui améliorera sa posture à long terme.

Une enfance en deux temps

Originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Aurélie est née avec une malformation de la main gauche. Cette légère différence physique ne l'a pas empêchée d'avoir une enfance heureuse en compagnie de sa jumelle, Charlotte.

« Au primaire, les enfants me traitaient comme n'importe quelle petite fille, se souvient-elle. Ma sœur et moi, nous faisions tout ensemble, je ne sentais pas que ma main me rendait différente des autres. »

Les choses ont changé au secondaire lorsqu'Aurélie a dû changer d'école pour se concentrer sur la natation. « Je n'avais plus ma sœur, mes amis... je n'avais plus mes repères. J'ai fini par croire ce que les gens me disaient, j'ai été intimidée. » Pour la première fois de sa vie, elle se sentait à part des autres.

Mais petit à petit, sa passion pour son sport lui a permis de remonter la pente.

C'est devant sa famille réunie à Rio qu'elle prouvera une fois pour toutes qu'elle a bien quelque chose de différent des autres : son talent inné pour se surpasser dans la piscine olympique.