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03/09/2016 01:22 EDT | Actualisé 04/09/2017 01:12 EDT

Soudan du Sud: les autorités religieuses plaident pour la force de protection

Les autorités religieuses du Soudan du Sud - catholiques, protestantes et musulmanes - ont plaidé samedi à Juba pour le déploiement rapide d'une force de protection dans la capitale, lors d'une rencontre avec les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Cette force devrait venir et elle devrait venir maintenant. Je pense que cette force nous aidera à avancer dans la mise en oeuvre de l'accord" de paix, a déclaré à l'AFP l'archevêque catholique de Juba, Paulino Lukudu Loro.

Le Conseil de sécurité de l'ONU est actuellement à Juba pour tenter de convaincre le gouvernement du président Salva Kiir d'accepter le déploiement de 4.000 Casques bleus supplémentaires, décidé par l'ONU le 12 août à la suite d'une flambée de violence meurtrière en juillet dans la capitale. Mais le gouvernement de M. Kiir y est très réticent, estimant que le mandat de la force sape la souveraineté nationale.

Ces combats avaient mis en péril un fragile accord de paix signé en août 2015 pour mettre un terme à une guerre civile dévastatrice déclenchée 18 mois plus tôt et qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.

Cette force, composée de soldats africains et dotée d'un mandat robuste, doit venir en appui de l'actuelle mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss - 13.000 hommes), critiquée pour son incapacité à protéger les civils lors des affrontements de juillet.

"En tant que pays, nous n'avons pas les moyens de régler ce bazar, nous ne pouvons remettre le pays sur les rails tout seuls. Et il n'y a rien d'humiliant à ce besoin d'être aidés", a ajouté l'archevêque.

L'archevêque anglican Daniel Deng Bul a abondé dans son sens, estimant que "les Nations unies sont temporairement le père du peuple sud-soudanais".

L'Église, catholique ou protestante, est une autorité morale respectée et influente dans ce pays majoritairement chrétien. Les évêques ont joué un rôle prépondérant dans la recherche de solutions pacifiques par le passé, que ce soit au niveau local ou national.

C'est dans les églises que se réfugient souvent les Sud-soudanais fuyant les combats, comme ce fut le cas en juillet dans la capitale.

Des combats à l'arme lourde ont opposé à Juba, du 8 au 11 juillet, les troupes du président Kiir et celles loyales à l'ex-chef rebelle Riek Machar, faisant plusieurs centaines de morts.

Dans la foulée des derniers combats, Riek Machar a dû fuir Juba. Il a ensuite été évincé du gouvernement d'union nationale et remplacé au poste de vice-président par son ancien allié Taban Deng Gai. M. Machar est désormais réfugié à Khartoum.

ndy-fal/jlb