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03/09/2016 04:23 EDT | Actualisé 04/09/2017 01:12 EDT

Qui pourra arrêter Zak Madell?

En moins de cinq ans, Zak Madell a réussi à s'imposer comme l'un des meilleurs joueurs de rugby en fauteuil roulant du monde. À Rio, ses coéquipiers et lui veulent offrir au Canada un premier titre paralympique.

Un texte d'Alexandre Couture

Madell flotte toujours sur le nuage des Jeux parapanaméricains de l'an dernier. Le Canadien de 22 ans avait mené son pays à une médaille d'or en éliminant au passage leurs grands rivaux américains. Comble de bonheur, Madell avait eu le privilège de porter le drapeau à la cérémonie de clôture.

Une progression spectaculaire

C'est à 10 ans que Madell a perdu ses doigts et ses jambes à cause d'une infection staphylococcique septique. Celui qu'on surnomme le « kid » ne s'est pas laissé abattre par cette malchance. Et moins de six mois plus tard, il était prêt à refaire de l'activité physique.

Athlète depuis son jeune âge, Madell a essayé plusieurs sports paralympiques tels que le hockey sur luge et le basketball en fauteuil roulant, avant de finalement arrêter son choix sur le rugby en 2011.

« J'ai pratiqué le basketball en fauteuil roulant pendant un certain temps, cela m'a permis d'assimiler les mouvements de base, précise-t-il. Mais c'est le côté robuste du rugby qui m'a charmé. »

Ç'a été un début de carrière sur les chapeaux de roue. Même s'il ne jouait que depuis un an, il a obtenu une place dans l'équipe pour les Jeux paralympiques de Londres en 2012. Deux ans plus tard, il a été nommé joueur par excellence du Championnat du monde au Danemark. L'an dernier, à Toronto, il a été la pierre angulaire de l'équipe canadienne qui a remporté sa première médaille d'or en 13 ans.

Mais dans quelques jours, à Rio, tout sera à recommencer. L'équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant aura la lourde tâche de répéter ses exploits de Toronto. Comme à chaque compétition d'envergure, les Américains et leur vedette Chuck Aoki se dresseront sur leur passage.

« Chaque fois qu'on joue contre lui, on sait que ce ne sera pas facile, explique Madell. Il est un grand joueur qui nous fait payer chaque centimètre sur le terrain. »

L'Albertain est un des principaux protagonistes de cette rivalité qui subsiste depuis plusieurs années. Aux Parapanaméricains, Madell avait inscrit pas moins de 34 points dans la victoire sur les Américains.

Le Canada a remporté trois de ses quatre derniers duels contre les États-Unis. Est-ce que la tendance sera respectée? « Nous sommes sur une lancée, mais nous ne pouvons pas nous permettre d'être trop confiants », rappelle Madell.

Si les Américains sont une menace certaine, d'autres équipes pourraient causer des surprises. « Il n'y aura pas de match facile. L'Australie, par exemple, aura une équipe redoutable. » La parité entre les équipes témoigne du niveau relevé de la compétition.

Selon Zak Madell, le rugby en fauteuil roulant n'est pas reconnu à sa juste valeur.

« Je ne connais personne qui a déjà regardé un match et qui n'a pas aimé ça, raconte le no 33. Les gens croient que ce n'est qu'un passe-temps, mais c'est réellement un emploi à temps plein. »

Lorsqu'ils fouleront le plancher de l'Aréna Carioca 1, les Canadiens espèrent que leur dévouement des 12 derniers mois sera payant. Madell est quant à lui catégorique lorsqu'on lui demande son objectif pour les Jeux paralympiques.