NOUVELLES
02/09/2016 20:45 EDT | Actualisé 03/09/2017 01:12 EDT

Mostra: la vie de Jésus en réalité virtuelle n'enthousiasme guère

Jésus n'y aura rien fait: le premier long métrage en réalité virtuelle, présenté cette semaine à la Mostra de Venise et consacré à la vie du Christ, n'a guère convaincu son public.

"Jésus VR, l'histoire du Christ" est entièrement tourné en réalité virtuelle pour permettre au public, installé dans une salle spéciale, de s'immerger totalement dans les scènes les plus marquantes du Nouveau Testament.

Tourné avec des caméras spéciales, le film permet aux spectateurs, dûment équipés, de voir tout autour de lui, la naissance de Jésus, son baptême, son dernier repas et sa crucifixion.

"Nous avons considéré cela non pas tellement comme un film mais plutôt comme un voyage dans le temps", explique son producteur Alex Barber, de la firme de production de réalité virtuelle VRWerx.

Pour l'occasion, une nouvelle salle sur le Lido de Venise a été équipée avec des sièges pivotant pour permettre cette vision à 360°.

Tourné à Matera, dans le sud de l'Italie, là où Mel Gibson avait réalisé "La passion du Christ" (2004), le film ne remplit pas ses promesses, victime d'une technologie pas encore convaincante et d'une réalisation laissant à désirer.

- A côté de la scène -

Et au lieu de pouvoir avoir l'impression de mettre ses pas dans ceux de Jésus, le spectateur se sent plutôt à côté de la scène.

"J'espérais ressentir la présence de Jésus comme une apparition mystique, et tout du moins quelque chose de plus qu'un acteur de série B en robe", a jugé un critique très déçu.

"Une expérience surprenante, bizarre, voire franchement désopilante", tel est de son côté le verdict du journal britannique The Guardian, éreintant une réalisation "détestable" et un jeu d'acteurs "minable".

Le film, réalisé par David Hansen, devrait être disponible à Noël sur les plate-formes de réalité virtuelle, de Google Cardboard à la PlayStation VR, mais il risque de ne plaire qu'à une petite frange d'inconditionnels.

Pour la journaliste de l'AFP qui a vu le film, la vague sensation de nausée provoquée par le pivotement continu du fauteuil aurait peut-être valu la peine si c'était pour proposer une toute autre expérience, comme une course avec des dinosaures ou une chevauchée dans la steppe aux côtés d'Attila.

Mais avec une qualité d'images à peine supérieure à celle d'un téléphone portable, même l'agonie du Christ ne parvient à convaincre le spectateur.

Et le public finit par se demander, par exemple, pourquoi il se retrouve assis sur le foyer d'une masure pour observer la scène dans laquelle Jésus lave les pieds de ses disciples, ou pourquoi il se retourne pour se retrouver nez-à-nez avec les figurants, au cas où ils se mettent à bouger.

"La technologie est encore balbutiante", reconnaît le producteur Barber, tout en assurant que le thème avait été choisi parce que l'époque de la vie de Jésus est celle où la majorité des Américains interrogés assurent vouloir être replongés s'ils ont le choix.

"C'est l'histoire la plus importante jamais racontée de cette manière", insiste-t-il, refusant de révéler le coût et l'identité des financiers du projet.

Selon Alberto Barbera, le directeur de la Mostra de Venise, le plus vieux festival de cinéma au monde, ce film démontre avant tout le potentiel technologique et narratif d'un nouveau procédé.

Sur les 40 projets de films, séries télévisées ou documentaires en quête de financements et présentés au Production Bridge, le marché du nouveau film, six sont des productions en réalité virtuelle.

ide/am/ob/fcc/jpa

GOOGLE