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03/09/2016 08:12 EDT | Actualisé 04/09/2017 01:12 EDT

Manifestation à Québec pour un registre public des délinquants sexuels

Des centaines de personnes sont attendues à La Marche blanche qui doit rassembler cet après-midi des centaines de personnes à Québec afin d'exiger du gouvernement du Québec qu'il mette en place un registre public des délinquants sexuels.

La Marche blanche est organisée par Sophie Dupont qui milite depuis plus de dix ans pour cette cause qui lui tient à coeur.

Mme Dupont a même créé une page Facebook il y a six ans, intitulée « Registre public des délinquants sexuels au Québec », sur laquelle on retrouve des articles des médias traitant de délinquants sexuels et des documents refilés par des victimes.

En 2007, une pétition de 70 000 noms avait été déposée à l'Assemblée nationale pour demander la mise en place d'un tel registre.

La Marche blanche commencera à 13 h et partira du Cégep de Sainte-Foy pour se terminer à l'Assemblée nationale, en milieu d'après-midi.

Des personnalités comme l'ex-ministre de la Justice, Marc Bellemare, et Michel Surprenant, dont la fille Julie a été assassinée, doivent participer à ce rassemblement.

Pour Marc Bellemare, il est essentiel de privilégier le droit du public à l'information. « Dans des milieux urbains, on ne connaît pas nos voisins. les gens sont très mobiles. Je devrais être en mesure de savoir, à partir du nom de la personne, si elle a un dossier judiciaire surtout en matière de condamnation de nature sexuelle. »

Une analyse nécessaire, selon Maria Mourani

Interrogée sur ce dossier, la criminologue Maria Mourani estime que l'idée d'un tel registre public n'est pas mauvaise en soi, mais elle estime qu'il faudrait faire une analyse en profondeur avant de le mettre en place. Elle a souligné que des erreurs peuvent survenir, comme c'est souvent le cas aux États-Unis. Pour elle, cela peut représenter un couteau à double tranchant.

À son avis, il est bon de savoir si son voisin par exemple est un pédophile mais elle dit craindre par contre les réactions du public qui pourraient être virulentes en l'apprenant.

L'ex-députée fédérale rappelle que déjà les policiers ont accès à une banque de données de délinquants sexuels avec beaucoup d'informations.

Pour elle, le grand objectif est de protéger les enfants, martelant qu'une agression sexuelle détruit la vie de quelqu'un.

Maria Mourani note que les agressions sexuelles sur les enfants sont commises à plus de 95 pour cent par des membres de la famille.