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03/09/2016 09:19 EDT | Actualisé 04/09/2017 01:12 EDT

Le Québec à l'honneur à la Fête de la BD en Belgique

L'effervescence du « neuvième art » québécoise sera célébrée à la Fête de la BD ce week-end à Bruxelles, où le Québec fait figure d'invité d'honneur.

Chaque année, un pays est à l'honneur au festival de la BD. Cette année, c'est au tour du Québec.

Propulsée par des séries à succès comme les Paul et les Nombrils, la notoriété de nombreux auteurs de bandes dessinées québécoises dépasse largement les frontières depuis plusieurs années.

Une vingtaine d'entre eux, dont l'auteur Michel Rabagliati, prennent part à la 8e édition de grande Fête, qui attire des dizaines de milliers de personnes au pays de Tintin et Spirou.

Accompagnés d'une quinzaine de maisons d'édition québécoises, ils occupent le pavillon central dans le Parc de Bruxelles où ils offriront des séances de dédicaces et des conférences.

Alors que les auteurs et les maisons d'édition de BD québécoises étaient autrefois peu visibles à l'extérieur du pays, une « éclosion au début des années 2000 » a changé la donne, relate Sylvain Lemay, professeur à l'Université du Québec en Outaouais.

« C'est ce qui explique qu'aujourd'hui, la BD québécoise est en bonne santé et très diversifiée », croit M. Lemay.

De plus, les amateurs du genre n'hésitent pas à dépasser les frontières linguistiques et culturelles pour découvrir des auteurs à travers le monde, dit Sylvain Lemay. « Avec internet, c'est de plus en plus facile », ajoute-t-il.

La culture de la BD au Québec ne date toutefois pas d'hier; elle avait simplement moins de visibilité qu'aujourd'hui, précise M. Lemay.

« Il y a des auteurs qui font du comics, d'autre de la bande dessinée humoristique en Europe, il y a des gens qui sont publiés au Québec et qui font de la BD plus personnelle », confirme Thomas-Louis Côté, directeur du Festival de la bande dessinée francophone de Québec.

« Depuis plus de 100 ans, la bande dessinée est présente au Québec: au début du XXe siècle dans les journaux, dans les revues catholiques dans les années 40, puis il y a eu la BD underground dans les années 70... mais elle était très peu visible » en dehors du Canada, précise Sylvain Lemay.

Aujourd'hui, la situation a bien changé pour les auteurs québécois.

Premier Québécois à avoir remporté un prix au Festival international d'Angoulême, en 2010, avec Paul à Québec, Michel Rabagliati est maintenant l'un des symboles du renouveau de la BD d'auteur dans la province. Sa série des Paul est aujourd'hui traduite en sept langues et compte neuf volumes.

Bien que les caractéristiques québécoises du personnage principal soient bien présents, les histoires de Paul ne présentent pourtant pas seulement un Québec stéréotypé.

L'auteur ajoute que les sujets traités dans les Paul interpellent tout autant les familles barcelonaises que les familles québécois. Mais les lecteurs étrangers aiment bien découvrir certaines subtilités culturelles en lisant des BD québécoises.

D'ailleurs, à Montréal, la série des Paul est recommandée aux nouveaux arrivants qui veulent se familiariser avec la culture québécoise, dit l'auteur.

« On fait lire Paul aux immigrants parce qu'il y a tout le portrait de la société québécoise là-dedans et en plus historiquement c'est riche parce que je parle des Jeux olympiques de 1976, d'événements musicaux et socioculturels. Il y a aussi des informations en arrière-plan qui informent le nouvel arrivant alors ça peut servir de guide touristique en même temps. »

Les Nombrils vendus à deux millions d'exemplaires 

Véritable phénomène jeunesse, les sept albums des Nombrils de Marc Delafontaine et de Maryse Dubuc, édités par le Belge Dupuis, ont été vendus à deux millions d'exemplaires jusqu'à maintenant.

L'éditeur belge à l'origine de Spirou et des tuniques bleues en a fait l'un de ses best-sellers. 

L'accent québecois n'est pas absent de ses BDs, mais il est toute de même moins prononcé. 

Autre caractéristique de la BD québécoise : elle est « beaucoup faite par des filles », souligne pour sa part Maryse Dubuc.