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03/09/2016 03:58 EDT | Actualisé 04/09/2017 01:12 EDT

L'épouse d'un journaliste d'opposition poursuivi, empêchée de quitter le pays

L'épouse de l'ancien rédacteur en chef du principal journal d'opposition en Turquie, Cumhuriyet, qui est menacé de prison pour un article qui avait particulièrement déplu au président Recep Tayyip Erdogan, a été empêchée de quitter le pays pour rejoindre son mari en Allemagne.

La nouvelle a été annoncée par des médias turcs, et confirmée ensuite via Twitter par son mari.

Moins de trois semaines après que Can Dundar a été forcé d'abandonner son poste à la tête de Cumhuriyet, sa femme Dilek Dundar s'est vu dire à l'aéroport d'Instanbul qu'elle ne pouvait prendre l'avion pour Berlin, et s'est vue confisquer son passeport. Celui-ci avait été annulé le mois dernier.

"Ils ont pris ma femme en otage. C'est la loi de la jungle. Mais en vain. Ni moi ni une femme qui a pu se jeter sur une arme n'allons être effrayés par ça", a lancé Can Dundar sur Twitter, faisant référence au fait que son épouse s'était jetée sur un homme qui tentait de le tuer à la sortie d'un tribunal, en mai dernier.

Can Dundar a été condamné en mai à cinq ans et 10 mois de prison pour avoir "révélé des secrets d'Etat" dans un article ce même mois sur des envois d'armes stoppés à la frontière avec la Syrie. Le président Erdogan, furieux, avait prévenu que le journaliste "paierait le prix fort" pour cela.

Libéré en attendant son appel, il est à l'étranger, probablement en Allemagne. Il a annoncé le mois dernier qu'il ne comptait pas revenir se présenter à son procès étant donné la situation actuelle.

"Faire confiance à cette justice reviendrait à placer sa tête sous la guillotine", a-t-il expliqué dans un article publié par Cumhuriyet et intitulé "Il est temps de dire adieu".

"J'ai donc décidé de ne pas venir me livrer à cette justice tant que l'état d'urgence ne sera pas levé", ajoutait-il.

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