POLITIQUE
02/09/2016 09:35 EDT | Actualisé 02/09/2016 09:35 EDT

Un candidat du PQ veut inciter les pères à profiter du congé parental

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A father lying down with his newborn baby daughter sleeping on his chest.

Paul St-Pierre Plamondon, candidat à la direction du Parti québécois, propose d'offrir cinq semaines supplémentaires aux couples qui se divisent équitablement le congé parental à la suite de la naissance de leur enfant.

Disant s'inspirer du modèle suédois, M. St-Pierre-Plamondon souhaite faire comprendre aux pères que la responsabilité de l'enfant leur incombe autant qu'aux mères. En revanche, selon ce plan, si le père ne prenait pas un minimum de six semaines de congé, les parents n'auraient pas accès à cette bonification.

Cette politique fait partie des propositions du candidat sur le sujet de l'égalité entre les hommes et les femmes, qu'il annoncera vendredi midi.

À l'heure actuelle, les mères québécoises bénéficient de 18 semaines de congé de maternité, contre cinq semaines de congé de paternité pour les pères. Ils peuvent se partager en tout 32 semaines de congé parental.

M. St-Pierre-Plamondon dit vouloir ajouter un "incitatif" et non une "obligation" pour impliquer davantage les pères dans la vie de leur enfant.

Selon lui, le régime actuel sous-tend qu'il revient aux femmes de s'occuper des enfants, et celles-ci vont parfois en vivre les conséquences dans leur milieu de travail.

"L'objectif est que les pères prennent du temps seul avec l'enfant et considèrent désormais que c'est autant leur responsabilité de s'occuper de l'enfant avec toutes les conséquences (qui en découlent)", a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

En Suède, le père et la mère ont chacun accès à huit mois de congé parental payé par l'État, pour un total de 16 mois. Selon un document de la Plateforme européenne pour l'investissement dans l'enfance _ un organisme de recherche européen _ la souplesse du système amène toutefois les femmes à prendre plus de semaines que les hommes.

"Le nombre total de jours de congé parental pris par les pères en Suède reste néanmoins nettement supérieur à la plupart des États-membres de l'UE. Pour leurs enfants nés en 2005, les pères ont pris en moyenne 96 jours de congé parental, alors que les mères en ont, quant à elles, pris en moyenne 334", est-il écrit.

Paul St-Pierre Plamondon souhaite par ailleurs donner plus de place aux femmes sur le plan politique, en imposant des quotas d'au moins 40 pour cent sur les candidatures du parti, et le même ratio au conseil des ministres s'il était élu premier ministre.

"Définitivement, je devrai m'impliquer dans les investitures (pour les candidatures du parti) pour m'assurer que j'ai non seulement le 40 pour cent de candidates, mais que celles-ci soient dans des comtés gagnants", a-t-il soutenu.

En ce moment, sur 121 députés (quatre circonscriptions sont vacantes), 35 femmes siègent à l'Assemblée nationale. Ainsi, un peu moins de 29 pour cent des élus québécois sont des femmes.

En 2012, lorsqu'il a formé le gouvernement, le Parti québécois avait à sa tête Pauline Marois, mais le cabinet n'était pas paritaire entre les hommes et les femmes. "Par rapport au Parti québécois des dernières années, moi j'incarne le renouveau, le changement", a-t-il soutenu.

M. St-Pierre Plamondon promet également de s'attaquer au sexisme et à la discrimination systémique à l'égard des femmes. "Il y a quelques semaines, les jeunes libéraux ont dit qu'ils ne voulaient pas un minimum de 40 pour cent de femmes parce qu'ils veulent que les gens soient nommés sur la base de leur compétence, ça c'est l'exemple parfait de discrimination systémique contre les femmes", a-t-il lancé.

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