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31/08/2016 08:00 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Yémen: une nouvelle trêve "essentielle" pour relancer les négociations (médiateur ONU)

Le médiateur de l'ONU au Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, a souligné mercredi que le retour à un cessez-le-feu dans ce pays était "essentiel" pour espérer reprendre des négociations autour d'un nouveau plan de paix.

Le Yémen est déchiré par la guerre qui oppose des rebelles chiites, les Houthis, alliés aux partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, aux forces gouvernementales loyales à l'actuel président Abd Rabbo Mansour Hadi soutenues par une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite.

Le conflit qui a généré une grave crise humanitaire a fait plus de 6.000 morts et déplacé au moins trois millions de Yéménites.

S'adressant au Conseil de sécurité de l'ONU, le médiateur a aussi enjoint les protagonistes du conflit à "s'abstenir de toute nouvelle action unilatérale" menaçant la paix. Il a vivement critiqué la création par les rebelles chiites et leurs alliés d'un Conseil politique suprême pour diriger le pays.

"Afin d'accélérer la reprise des pourparlers, le retour à une cessation des hostilités sera essentiel", a-t-il affirmé. "Au moment où je reprends mes consultations, ma priorité sera d'obtenir un engagement renouvelé de toutes les parties pour une cessation des hostilités".

Il faut, a-t-il préconisé, "commencer par déployer totalement le Comité de désescalade et de coordination à Dharan al-Janoub", dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, près de la frontière avec le Yémen, comme cela avait été décidé avant les pourparlers de Koweït.

Ce comité était censé superviser une trêve instaurée en avril mais qui a volé en éclats.

Les négociations au Koweït ont pris fin le 6 août sans accord et les combats et bombardements ont depuis redoublé d'intensité.

La nouvelle trêve, a précisé le médiateur, devra marquer "la fin de toutes les opérations militaires terrestres, aériennes et navales" ainsi qu'une "désescalade complète le long de la frontière du Yémen avec l'Arabie saoudite".

Il a également rappelé la nouvelle initiative de paix initiée par le secrétaire d'Etat américaine John Kerry. Celle-ci prévoit la participation des Houthis, accusés d'être soutenus par l'Iran, à un gouvernement d'union nationale, en échange de leur retrait de Sanaa et de larges zones du nord du Yémen et la remise des armes lourdes à une tierce partie.

"Son application, a-t-il expliqué, sera supervisée par des Comités militaires et de sécurité composés de militaires professionnels de haut rang acceptables pour les deux parties". Ils assureront la sécurité de la population, des infrastructures essentielles et des institutions de l'Etat.

Le plan de paix prévoit aussi "le rétablissement immédiat du fonctionnement des institutions de l'Etat, sans interférence de la part de comités révolutionnaires ou autres entités créées pendant le conflit", qui dure depuis 17 mois.

Le gouvernement yéménite exilé en Arabie saoudite a donné son accord de principe à la nouvelle initiative de paix. Les rebelles houthis se sont contentés d'affirmer qu'ils répondraient "positivement" à toute démarche permettant de parvenir à "la paix souhaitée".

Ismaïl Ould Cheikh Ahmed a aussi mis en garde contre "la grave détérioration de la situation économique" et financière du pays qui entraine des retards dans le paiement des salaires, ce qui aggrave la situation humanitaire.

"Il faudra", a-t-il dit, "trouver des solutions pratiques pour permettre aux yéménites de surmonter cette crise de liquidités et continuer à payer les salaires sans discrimination dans tout le pays".

avz/sha