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Trump en visite à Mexico avant un discours attendu sur l'immigration

Donald Trump se rendra à Mexico mercredi pour une rencontre privée avec le président mexicain Enrique Pena Nieto, une visite qui sera suivie en soirée d'un discours très attendu dans lequel il doit préciser ce qu'il entend faire des 11 millions de clandestins vivant aux États-Unis.

Le candidat républicain à la présidentielle a annoncé sa visite dans la capitale mexicaine mardi soir, sur Twitter. M. Peña Nieto avait invité M. Trump et sa rivale démocrate, Hillary Clinton, à se rendre au Mexique vendredi dernier, pour des rencontres privées.

Cette rencontre avec un dirigeant étranger - une première pour M. Trump - ne manque pas d'étonner dans la mesure où le milliardaire a lancé sa candidature en juin 2015 en accusant le Mexique d'envoyer aux États-Unis une bande de dangereux criminels.

« Quand le Mexique envoie ses gens, ils n'envoient pas les meilleurs », avait-il lancé. « Ils envoient des gens qui ont beaucoup de problèmes, et ils amènent ces problèmes avec eux. Ils amènent de la drogue. Ils amènent des crimes. Ce sont des violeurs », avait-il dit.

Le reste de sa campagne s'est bâtie entre autres sur sa promesse de construire, sitôt élu, un mur à la frontière américano-mexicaine, aux frais du gouvernement mexicain. L'affaire lui avait valu une volée de bois vert du président Peña Nieto.

Dans une entrevue accordée en mars dernier, le président mexicain avait comparé le langage utilise par M. Trump à celui autrefois utilisé par les dictateurs Adolf Hitler et Benito Mussolini. Mexico ne paiera d'aucune façon le mur promis par M. Trump, avait-il aussi déclaré.

M. Peña Nieto a cependant adopté un ton bien différent, mardi soir. « Je crois au dialogue pour promouvoir les intérêts du Mexique dans le monde et, principalement, pour protéger les Mexicains là où ils se trouvent », a-t-il écrit sur Twitter.

Les visites à l'étranger des candidats à la présidence constituent toujours un risque. En 2012, le candidat républicain Mitt Romney avait multiplié les gaffes lors de ses visites dans des pays étrangers, comme le Royaume-Uni, Israël et la Pologne.

Un discours potentiellement déterminant

De l'avis même de son équipe de campagne, le clou de la journée sera cependant le discours sur l'immigration qu'il prononcera à 20 h (HAE) ce soir, lors d'un rassemblement électoral organisé au centre des congrès de Phoenix, capitale de l'Arizona.

Depuis plusieurs jours, M. Trump laisse entendre qu'il est prêt à « assouplir » sa position envers les 11 millions de clandestins que compte le pays. Au cours de sa campagne, il a indiqué vouloir expulser chacun d'entre eux, grâce à une force fédérale de déportation.

« Il peut certainement y avoir un assouplissement parce que nous ne cherchons pas à faire mal aux gens », a-t-il déclaré sur Fox News la semaine dernière. « Il y a des gens formidables dans ce pays. »

M. Trump s'est notamment montré intéressé à trouver un arrangement pour des familles qui vivent aux États-Unis depuis 15 ou 20 ans, et qui n'ont eu aucun problème avec la loi.

Ces déclarations ont suscité un tollé parmi ses partisans et ont été suivies par d'autres déclarations contradictoires sur le sujet. Le discours sur l'immigration, originalement prévu pour la semaine dernière, a finalement été annulé avant d'être fixé pour ce soir.

« Ne manquez pas ça, d'accord? Ce sera un discours très important », a assuré mardi son colistier, Mike Pence. « Vous allez avoir beaucoup de détails » sur son plan en matière d'immigration illégale, a-t-il promis.

« L'argument que M. Trump répète sans relâche est que vous ne pouvez pas avoir d'amnistie ni régularisez votre situation puisque vous avez brisé la loi pour être ici », a expliqué mardi sa directrice de campagne, Kellyanne Conway. « Mais il respecte aussi le fait que c'est un dossier complexe », a-t-elle ajouté.

Sur NBC ce matin, Mme Conway a assuré que les électeurs sauront exactement à quelle enseigne M. Trump loge à ce sujet au terme de son discours en Arizona, un État où les questions d'immigration constituent un enjeu politique majeur depuis des années.

Ce discours sera sans contredit délicat pour M. Trump. La ligne dure qu'il a tenue envers les immigrants illégaux n'est pas étrangère à sa victoire lors de l'investiture républicaine. Un changement de cap pourrait lui aliéner certains électeurs.

Cette même ligne dure constitue toutefois un repoussoir pour une certaine partie des électeurs indépendants, qu'il doit attirer dans son camp s'il compte renverser la vapeur, lui qui traîne de l'arrière face à Mme Clinton dans les sondages.

La candidate démocrate est aussi considérée nettement en avance dans les intentions de vote des électeurs d'origine latino-américaine, dont le vote pourrait être déterminant dans certains États le jour du scrutin.

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