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30/08/2016 22:44 EDT | Actualisé 31/08/2017 01:12 EDT

Pourparlers de paix en Birmanie: trois éléments clef

La prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, au pouvoir désormais en Birmanie, s'est promis de mettre fin à près de 70 ans d'affrontements entre armée et groupes rebelles. Voici trois éléments clef à retenir, alors que se sont ouverts d'importants pourparlers de paix mercredi:

- Sur quoi portent les discussions?-

Depuis l'indépendance de l'ex-colonie britannique en 1948, le pouvoir central birman est confronté aux revendications d'une myriade de rébellions ethniques, qui veulent plus d'autonomie dans leurs régions.

Aung San Suu Kyi promet un Etat fédéral, mais n'a pas encore précisé les contours de la réforme étatique qu'elle a en tête, dans un pays où l'administration est inefficace, marquée par des décennies de junte. Les régions possèdent déjà des parlements locaux, où les partis des minorités ethniques sont représentés.

Outre le changement de la structure de l'Etat, c'est la question du pouvoir de l'armée qui est en question. En effet, cette dernière a accepté de lâcher du lest en permettant l'organisation d'élections libres remportées par le parti d'Aung San Suu Kyi fin 2015. Mais c'est toujours elle qui donne le rythme des attaques contre les rebelles.

- Pourquoi maintenant?-

Aung San Suu Kyi et son gouvernement sont aux manettes depuis quelques mois. La Prix Nobel de la paix reste très secrète sur ses réformes à venir, mais la résolution des conflits ethniques est sa grande priorité, dit-elle.

A cela s'ajoute la volonté de rétablir le contrôle de l'Etat sur les réserves naturelles importantes situées dans les régions rebelles, notamment le jade ou les bois précieux, au coeur de trafics par les rebelles mais aussi l'armée et des hommes d'affaires proches de l'ex-junte.

Parvenir à un accord de paix permettrait aussi à Aung San Suu Kui de développer l'économie du nord du pays, frontalier de la Chine, et d'y multiplier les projets économiques avec Pékin.

Des projets hydroélectriques dans les Etats Kachin et Shan sont notamment dans la balance.

- Les difficultés à surmonter? -

Après des décennies de combats et de débats alambiqués, aucun modèle d'Etat fédéral à adopter n'a encore clairement émergé.

La poursuite des combats est une difficulté supplémentaire, l'armée et certains groupes rebelles n'ayant aucun intérêt à rentrer dans le rang, notamment pour pouvoir continuer en parallèle leurs trafics en tous genres.

Les affrontements se poursuivent notamment dans les régions Shan et Kachin, dans le nord et l'est du pays, sans que le gouvernement civil n'y puisse rien.

bur-cah-dth/alc