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31/08/2016 02:03 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Philippines: Duterte veut rencontrer un chef musulman en fuite

Le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé mercredi qu'il voulait rencontrer un chef rebelle musulman recherché pour avoir orchestré le siège meurtrier d'une ville, promettant de faire fi du mandat d'arrêt lancé contre lui afin de promouvoir la paix.

Cette annonce est la dernière en date d'une série dramatique de déclarations du nouveau président de l'archipel pour mettre fin à des rébellions musulmane et communiste qui ont fait plus de 150.000 morts.

Rodrigo Duterte a déclaré avoir parlé mardi à Nur Misuari, fondateur du Front moro de libération nationale (MNLF), l'un des deux principaux mouvements rebelles musulmans établis dans le sud des Philippines à grande majorité catholiques.

"Je lui ai dit: Nur, je n'ai aucune intention de t'arrêter et de te placer en détention. Tu peux tout simplement sortir, demander à n'importe quel soldat ou policier de t'escorter dans un endroit où nous pourrons parler", a-t-il déclaré.

L'avocat de 71 ans a proposé de rencontrer le leader musulman, âgé de 77 ans, dans son fief de l'île méridionale de Jolo ou au palais présidentiel, à Manille.

Mais d'après le président philippin, Misuari a dit préférer le voir en Malaisie sous l'égide de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), et a promis un accord de paix rapide.

"Il a dit qu'en deux jours, on pourrait signer quelque chose et mettre fin aux combats".

Sous la présidence de Benigno Aquino, les autorités avaient lancé contre Misuari des poursuites pour rébellion, un chef passible de 30 ans de prison. Il est accusé d'avoir été le maître d'oeuvre d'un siège contre la ville de Zamboanga, dans le sud de l'archipel, qui avait fait plus de 200 morts en 2013.

Le chef rebelle a échappé à l'arrestation grâce à la protection de ses hommes à Jolo.

Misuari avait fondé le MNLF en 1969 pour mener la rébellion afin d'obtenir un Etat islamique indépendant dans le sud des Philippines, où vivent la majorité des musulmans du pays.

Il avait signé un accord de paix avec le gouvernement en 1996 en échange de la promesse de la création d'une région autonome.

Des rebelles avaient alors fait sécession sous la bannière du Front Moro islamique de libération (Milf), avant de négocier à leur tour ces dernières années un accord de paix.

Rodrigo Duterte souhaite obtenir un accord avec les deux mouvements.

Il a également ouvert des pourparlers de paix avec la rébellion communiste, libérant au préalable 17 dirigeants communistes emprisonnés.

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