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31/08/2016 09:34 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Nord de la Syrie: la Turquie dément une trêve avec les Kurdes, accalmie sur le terrain

La Turquie a démenti mercredi avoir accepté un accord de cessez-le-feu sous les auspices des Etats-Unis avec les milices kurdes de Syrie, même si sur le terrain, les rebelles faisaient état d'une accalmie.

"Nous n'acceptons sous aucune circonstance", contrairement à ce que "certains porte-parole de pays étrangers disent, un (...) cessez-le-feu entre la Turquie et les éléments kurdes", a déclaré le ministre des Affaires européennes Ömer Çelik, à propos de l'annonce faite la veille par les Etats-Unis.

"La république turque est un Etat souverain et légitime" qui ne peut être mis sur un pied d'égalité avec "une organisation terroriste", a ajouté le ministre cité par l'agence progouvernementale Anadolu, évoquant le PYD, le Parti de l'Union démocratique des Kurdes de Syrie.

Cependant, aucune frappe turque n'a été rapportée contre les milices kurdes depuis lundi après-midi. L'accord provisoire de cessez-le-feu prévoyait une trêve à partir de 21H00 GMT lundi, selon des rebelles syriens.

Les forces turques ont en revanche poursuivi leur offensive contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans le nord syrien.

Ahmed Othman, commandant du groupe rebelle pro-Turc "Sultan Murad", a confirmé à l'AFP que la situation était "calme depuis hier (mardi) sur le front sud de Jarablos contre les Forces démocratiques syriennes (pro-Kurdes)". Mais le "combat continue sur le front ouest contre l'EI", selon lui.

Ankara a lancé une offensive sans précédent en Syrie, envoyant ses F-16 et ses chars chez son voisin et permettant à des rebelles pro-Turcs de reprendre rapidement cette localité à l'EI.

L'opération, entrée mercredi dans sa deuxième semaine, a pour but officiellement de faire reculer l'EI et les milices kurdes. Mais elle s'est concentrée sur les Kurdes qu'Ankara ne veut surtout pas voir former une région continue autonome le long de la frontière.

- Téléphone à l'ambassadeur -

Le Premier ministre Binali Yildirim a redit la "détermination" d'Ankara à "poursuivre l'offensive jusqu'à ce que les terroristes (...) aient retraversé l'Euphrate vers l'Est".

"Les Etats-Unis se sont engagés en ce sens auprès de notre pays à plusieurs reprises. Nous n'attendons aucun changement dans cet engagement", a-t-il ajouté.

Après avoir appelé à la fin des combats, Washington avait assuré mardi soir que la Turquie et les milices kurdes avaient accepté une trêve provisoire.

"Nous avons reçu l'assurance que toutes les parties impliquées vont arrêter de tirer les unes sur les autres et se concentrer sur la menace de l'EI", avait indiqué le colonel John Thomas, porte-parole du Centcom, le commandement militaire américain au Moyen-Orient, évoquant un accord de principe "pour au moins les deux prochains jours".

L'intervention turque en Syrie met à rude épreuve les relations entre Ankara et Washington, allié sur le terrain des YPG qui ont fait reculer l'EI.

La Turquie a démenti mercredi des informations diffusées par la presse selon lesquelles elle avait convoqué l'ambassadeur des Etats-Unis John Bass pour protester contre les vives critiques américaines, la veille, de son intervention en Syrie.

Un porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a assuré à l'AFP que M. Bass avait seulement reçu "un coup de téléphone" mardi, une information confirmée par l'ambassade des Etats-Unis.

- 'Compliquer la situation' -

La Turquie s'était montrée très irritée mardi au lendemain des critiques "inacceptables" de Brett McGurk, l'émissaire présidentiel américain auprès de la coalition internationale antijihadiste, de son intervention en Syrie.

Sur le terrain des opérations, trois soldats turcs ont été blessés mardi par des tirs de roquettes de l'EI contre un char près de Jarablos, ont rapporté des médias turcs. Des avions turcs ont mené des frappes contre des cibles "terroristes" près de la localité voisine d'Al-Kulliyeh, a rapporté Anadolu sans précisions.

De son côté, l'EI a revendiqué dans un communiqué une attaque-suicide à la voiture piégée contre des rebelles soutenus par Ankara à Al-Kulliyeh et a affirmé avoir détruit "deux chars turcs" avec deux missiles près du même village.

L'EI apparaît encore plus fragilisé après la mort de l'un de ses stratèges, Abou Mohammed al-Adnani, tué, selon Washington, par un drone américain dans le nord de la Syrie. Mercredi, un responsable américain de la Défense a qualifié la revendication par Moscou de la mort d'Al-Adnani de "blague".

A Diyarbakir (sud-est), des partis politiques pro-kurdes ont annoncé qu'un groupe de 50 volontaires, dont des députés, entameraient lundi une grève de la faim pour obtenir des nouvelles du leader kurde emprisonné Abdullah Öcalan, interdit de visites, a rapporté un correspondant de l'AFP.

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