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31/08/2016 10:46 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Migrants: Renzi et Merkel soulignent la nécessité de rapatrier les illégaux

Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont insisté mercredi devant la presse sur la nécessité de trouver une solution européenne pour favoriser le rapatriement des migrants qui n'ont pas droit au statut de réfugié.

"Nous devons tous en Europe travailler au rapatriement de ceux qui n'ont pas droit" à rester sur le territoire européen, a déclaré M. Renzi lors d'une conférence de presse commune, en marge d'une rencontre bilatérale italo-allemande à Maranello, temple de la Ferrari dans le nord de la péninsule.

"Il n'est pas pensable d'accueillir tout le monde", a ajouté le chef du gouvernement italien.

"Tout le monde ne peut pas rester, et l'Italie a le même problème, donc nous avons un agenda commun", a indiqué de son côté Mme Merkel, selon une traduction en italien de ses propos en allemand.

"Ceux qui n'ont pas le droit doivent être rapatriés", a-t-elle ajouté, alors que l'Italie a vu débarquer sur ses côtes quelque 12.500 migrants depuis dimanche.

Interrogée sur la phrase qu'elle avait prononcée il y a un an, "nous y arriverons", lorsqu'elle avait annoncé sa décision d'accueillir tous les réfugiés syriens en Allemagne, Mme Merkel a jugé qu'elle était "juste".

"Je suis convaincu que cette phrase était juste", a-t-elle ainsi affirmé.

Revenant sur la nécessité de travailler entre Européens pour "bloquer l'immigration illégale", Mme Merkel a cité l'accord avec la Turquie mais aussi la nécessité de permettre aux candidats à l'émigration de rester chez eux par des accords de coopération économique.

"Il est important que l'on fasse des accords avec les pays d'origine", a expliqué la chancelière allemande, citant en exemple un projet de partenariat italo-franco-allemand avec le Mali et le Niger.

Mme Merkel a également fait part de sa "tristesse" après le tremblement de terre qui a fait 292 morts il y a une semaine dans le centre de l'Italie, soulignant que son pays était prêt à aider en reconstruisant par exemple une école ou par d'autres moyens. Elle ainsi évoqué un match de foot ou le concours d'entreprises allemandes, sans plus de détails.

Interrogée sur la flexibilité budgétaire réclamée par l'Italie, notamment après ce séisme, Mme Merkel s'est dit certaine que les possibilités du pacte de stabilité budgétaire permettront de trouver un accord, particulièrement au vu des conditions de transparence promises par M. Renzi, a-t-elle dit.

"L'Italie présentera son projet, et je crois qu'en Europe on trouvera une solution", a-t-elle affirmé, ajoutant que c'était la Commission européenne qui négociait et non son gouvernement.

M. Renzi, qui avait semblé réclamer bien davantage en début de semaine pour assurer le financement d'un plan ambitieux de prévention des séismes en Italie, a insisté de son côté sur les nombreuses ressources dont l'Italie dispose déjà.

"L'Italie a pour exigence de bien dépenser l'argent dont elle dispose déjà", a-t-il déclaré.

"Nous utiliserons toutes les règles que l'Europe prévoit" en matière de flexibilité, "et on prendra tout ce qui est utile et nécessaire", a ajouté M. Renzi.

Lors d'une précédente rencontre, il y a moins de dix jours, Mme Merkel s'était montrée relativement ouverte, selon les uns, plutôt fermée, selon les autres, aux côtés de M. Renzi lors d'une conférence de presse commune, en indiquant que le pacte de stabilité prévoyait déjà toute la flexibilité nécessaire.

ob/ams