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31/08/2016 05:52 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Les Maldives lancent un mandat d'arrêt contre l'ex-président Nasheed

Le gouvernement des Maldives a annoncé mercredi avoir lancé un mandat d'arrêt contre l'ancien président Mohamed Nasheed pour n'être pas rentré dans l'archipel afin d'y purger un reliquat de peine de prison, après avoir reçu des soins en Grande-Bretagne.

L'ancien dirigeant, premier président démocratiquement élu de l'archipel, avait reçu en mai l'asile politique en Grande-Bretagne.

Il s'était rendu dans ce pays pour y recevoir des soins à la faveur d'une permission de sortie alors qu'il purgeait une peine de prison en relation avec des chefs de terrorisme.

"Un mandat d'arrêt (a été) émis par la justice contre l'ancien président Mohamed Nasheed", a déclaré le gouvernement des Maldives dans un communiqué publié alors que l'ancien président s'est rendu au Sri Lanka voisin.

"Le service d'application des peines souhaite qu'il revienne pour purger le reliquat de sa peine de réclusion de 13 ans", dit le communiqué, sans précision sur la manière dont il compte mettre ce mandat à exécution.

D'après des sources de l'opposition, Mohamed Nasheed a rencontré ces derniers jours au Sri Lanka des groupes de l'opposition en vue de planifier le renversement de l'homme fort de l'archipel Abdulla Yameen.

Le Parti démocratique des Maldives de l'ancien président a minimisé les chances d'une arrestation de M. Nasheed. "Je me demande comment le gouvernement des Maldives entend mettre à exécution le mandat d'arrêt", a déclaré à l'AFP le porte-parole du parti basé à Colombo, Hamid Abdul Ghafoor.

Il n'a pas voulu dire si M. Nasheed prévoyait un retour volontaire dans son pays, qu'il avait évoqué plus tôt cette année à Londres.

Des sources proches de l'ancien président ont indiqué qu'il souhaiterait discuter de la situation aux Maldives avec le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, qui est attendu à Colombo mercredi soir pour des entretiens avec les responsables du Sri Lanka.

Mohamed Nasheed --défendu par plusieurs avocats dont Amal Cloney-- avait été condamné en mars 2015 pour un chef lié au terrorisme motivé selon l'ONU par des considérations politiques.

En 2008, après trois décennies de règne autocratique du demi-frère d'Abdulla Yameen, Maumoon Abdul Gayoom, le multipartisme était entré en vigueur dans l'archipel réputé pour son tourisme de luxe.

Mohamed Nasheed avait alors été élu président mais avait été renversé en 2012.

Depuis, l'archipel est dans la tourmente mais le gouvernement résiste à d'intenses pressions internationales face à une situation dans laquelle toutes les principales figures de l'opposition sont soit détenues, soit en exil.

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