NOUVELLES
31/08/2016 08:51 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Le Brésil, un pays de présidents et... de vice-présidents

La destitution de Dilma Rousseff est une première au Brésil, si l'on excepte le cas de Fernando Collor qui avait démissionné la veille de son impeachment en 1992, mais pas l'accession au pouvoir d'un vice-président.

Les présidents brésiliens Fernando Henrique Cardoso (1994-2002) et Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) ont connu des mandats sans accroc, faisant oublier que quatre de leurs prédécesseurs avaient laissé la place à leur vice-président dans l'histoire récente du pays.

Michel Temer, l'ex-vice président de Mme Rousseff qui va assumer pleinement la présidence jusqu'aux prochaines élections de 2018 sera donc le cinquième sur la liste.

Deux vice-présidents brésiliens sont arrivés au pouvoir avant le coup d'Etat militaire de 1964, quand les deux membres du couple exécutif étaient élus séparément et non à l'américaine sur un ticket unique comme aujourd'hui.

En 1954, quand Getulio Vargas se suicida au Palais du Catete, à Rio de Janeiro, alors capitale du Brésil, il fut remplacé par son second, Café Filho, qui dut abandonner le pouvoir l'année suivante pour des raisons de santé.

En 1961, le vice-président Janio Quadros se trouvait en Chine lorsqu'il fut surpris par la démission du président Joao Goulart.

En 1985, lorsque les militaires laissèrent le pouvoir après 21 ans de dictature, ils organisèrent des élections indirectes d'où sortirent Tancredo Neves président et José Sarney vice-président.

Mais M. Neves ne s'installera jamais au Palais du Planalto, à Brasilia : la veille de son investiture, il dut être hospitalisé pour une hémorragie intestinale. Il ne sortira pas vivant de l'hôpital, décédant au bout de 40 jours. Et José Sarney prit ses fonctions.

En 1992, le vice-président Itamar Franco remplaça Fernando Collor. Ecarté du pouvoir par l'ouverture d'une procédure de destitution pour corruption à son encontre. M. Collor démissionna trois mois plus tard, alors que le Sénat s'apprêtait à le destituer.

Contrairement à M. Collor, Dilma Rousseff a décidé de livrer bataille jusqu'au bout pour clamer son "innocence" et dénoncer un "coup d'Etat parlementaire" déguisé.

A la différence de Collor également, Mme Rousseff n'était pas accusée de corruption mais d'infractions budgétaires entrant dans les motifs de destitution inscrits dans la Constitution.

Elle a été reconnue coupable de maquillages des comptes publics pour camoufler l'ampleur des déficits, via un tour de passe-passe faisant incomber certains frais à des banques publiques, et pour avoir approuvé trois décrets engageant des dépenses sans le feu vert du Parlement.

js/cdo/ka/pal/cr