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31/08/2016 10:44 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

La cacophonie s'amplifie en France à huit mois de la présidentielle

En se préparant à entrer dans la course à l'Elysée, l'iconoclaste Emmanuel Macron ajoute à la confusion en France, où des guerres intestines déchirent la gauche au pouvoir et l'opposition de droite à huit mois de la présidentielle de 2017.

Sans être officiellement candidat, le jeune ministre de l'Economie, 38 ans, a quitté mardi le gouvernement afin de se consacrer à un projet "pour transformer la France dès l'année prochaine".

Tous les observateurs évoquent un coup "très rude" porté à François Hollande. Le président socialiste a lui-même jugé que son ex-protégé l'avait "trahi avec méthode", selon des propos rapportés par le quotidien Le Monde.

"Comment François Hollande peut-il s'en sortir ? Ca devient extrêmement compliqué alors qu'il affronte une fragmentation de plus en plus spectaculaire de son ex-majorité", observe le politologue Jérôme Fourquet, de l'institut de sondages Ifop.

Déjà défié sur sa gauche par trois anciens ministres, l'impopulaire chef de l'Etat est désormais concurrencé sur son flanc droit par un social-libéral qui tente d'incarner le renouveau, en dehors des partis classiques.

"On ne s'improvise pas candidat à la présidentielle", a taclé mercredi le Premier ministre Manuel Valls, accusant Emmanuel Macron de "déserter".

"La bulle" Macron risque vite d'exploser, estimait un proche du président. Deux sondages réalisés après l'annonce du départ du ministre tendent à conforter cette thèse en donnant une majorité de 53% à 65% de Français défavorables à une candidature Macron.

Mais cette nouvelle dissidence "réduit l'espace politique de Hollande à celui du Parti socialiste, soit actuellement autour de 14% de l'électorat", soulignait Bernard Sananès, président de l'institut Elabe, dans le quotidien Le Figaro.

Dans ce contexte, le chef de l'Etat briguera-t-il un second mandat ? François Hollande, 62 ans, a confié à des journalistes auteur d'un livre publié en août qu'il pourrait renoncer s'il ne voyait pas de "possibilité de victoire".

Tous les sondages prédisent actuellement que la candidate d'extrême droite Marine Le Pen se qualifiera pour le second tour de la présidentielle. A l'inverse, les chances de la gauche paraissent réduites à peau de chagrin.

- 'Hollande a besoin de Sarkozy' -

"La barre pour se qualifier (au second tour) est très haute, autour de 25% des suffrages, elle semble très difficile à atteindre à gauche", décrypte pour l'AFP Bruno Jeanbart, directeur général adjoint de l'institut de sondages OpinionWay.

Pour lui, la gauche cumule "deux difficultés : elle est très faible au niveau général", avec de mauvais scores à tous les scrutins organisés depuis 2012, et "elle est très divisée".

Dans ce contexte, "la vraie élection présidentielle se jouera au mois de novembre et pas au mois de mai", estime Bruno Jeanbart, en référence à la primaire de droite les 20 et 27 novembre. "A priori le vainqueur de la primaire à droite sera le vainqueur de la présidentielle", dit-il.

Mais là encore, le paysage est constellé d'inconnues et de luttes fratricides. Au moins quatre prétendants sont en lice avec deux favoris, l'ex-président Nicolas Sarkozy (2007-2012), et l'ancien Premier ministre Alain Juppé.

Faute de divergences profondes sur le plan économique, les deux hommes se distinguent et s'écharpent sur les thématiques identitaires (islam, laïcité, immigration), alors que la France est la cible d'une série d'attentats depuis 2015.

Pour l'instant, les sondages donnent l'avantage à Alain Juppé, 71 ans, au profil modéré. Mais, selon une enquête publiée dimanche, l'écart se resserre avec Nicolas Sarkozy, engagé dans une campagne à droite toute.

Un succès de Nicolas Sarkozy à la primaire serait paradoxalement la seule lueur d'espoir pour l'actuel locataire de l'Elysée. "Hollande a besoin que ça soit Sarkozy", relève l'historien Jean Garrigues. "Il a besoin d'avoir un candidat de droite radicale ou dure pour que ça lui laisse l'espace des centristes".

Le chef de l'Etat a répété à plusieurs reprises qu'il attendrait décembre avant de dire s'il brigue un nouveau mandat. Et la gauche ne prévoit sa primaire que fin janvier. Les électeurs devront encore attendre pour connaître le casting de la présidentielle.

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