NOUVELLES
31/08/2016 07:04 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

L'ex-grande gymnaste tchécoslovaque Vera Caslavska est décédée mardi

PRAGUE, République tchèque — L'ancienne gymnaste Vera Caslavska, multiple médaillée d'or olympique qui s'est insurgée à la suite de l'invasion de la Tchécoslovaquie, menée par l'Union soviétique en 1968, est décédée mardi. Elle était âgée de 74 ans.

Les dirigeants du Comité olympique tchèque ont confirmé la nouvelle mercredi.

Caslavska souffrait d'un cancer du pancréas et avait subi une opération le 15 mai 2015, selon ce qu'ils avaient préalablement annoncé. Caslavska s'était plus tard soumise à des traitements de chimiothérapie.

Née le 3 mai 1942 à Prague, Caslavska a remporté sa première médaille olympique — l'argent — aux Jeux de Rome, en 1960.

En 1964, elle amorçait sa ruée vers l'or. À Tokyo, elle a accédé à la plus haute marche du podium au saut de cheval, au concours complet individuel et à la poutre, devenant ainsi l'une des grandes vedettes de son sport.

Quatre ans plus tard, Caslavska est devenue une partisane avouée des réformes libérales d'Alexander Dubcek, dont l'objectif était de démocratiser la Tchécoslovaquie communiste, une époque baptisée le «Printemps de Prague».

Caslavska avait signé le manifeste «Les Deux Mille Mots», un document qui a mené, en août 1968, à l'invasion du pays par les troupes du Pacte de Varsovie. Cette invasion avait été ordonnée par Léonid Brejnev, alors secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique.

Se sentant menacée de persécution, Caslavska s'est réfugiée et a pu joindre l'équipe nationale de gymnastique tout juste avant les Jeux olympiques de Mexico, en 1968.

Lors de ces Jeux, elle obtient quatre autres médailles d'or — au saut de cheval, au concours complet individuel, au sol et aux barres asymétriques. Grâce à deux autres médailles d'argent à Mexico, elle devient l'athlète féminine la plus décorée de ces Jeux, et sera plus tard élue l'athlète féminine par excellence au monde en 1968.

Plusieurs se souviendront de Caslavska pour sa protestation silencieuse contre l'invasion de son pays. Debout sur la plus haute marche du podium, aux côtés de la Soviétique Larissa Petrik, avec laquelle elle avait partagé la médaille d'or lors des épreuves au sol, Caslavska a baissé sa tête et l'a tournée vers sa droite pendant la diffusion de l'hymne national soviétique.

Combiné à ses prouesses sportives, ce geste a fait de Caslavska la grande vedette de ces Jeux.

Dans son pays, Caslavska a été persécutée au point où elle a dû patienter jusqu'en 1974 pour pouvoir travailler à titre d'entraîneuse.

En 1989, elle a reçu la médaille Pierre-de Coubertin pour avoir fait la promotion de l'esprit sportif et a été décorée de l'Ordre olympique.