NOUVELLES
31/08/2016 05:42 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Guinée: liberté provisoire pour un rappeur auteur présumé d'un viol diffusé sur les réseaux sociaux

Un jeune rappeur guinéen soupçonné d'un viol dont les images ont été diffusées sur les réseaux sociaux, en détention depuis novembre, a été remis en liberté provisoire à Conakry pour raisons médicales, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Tamsir Touré, qui est mineur, avait été arrêté en Côte d'Ivoire où il avait fui après la diffusion en octobre de la vidéo montrant ce qui était apparemment le viol d'une jeune fille sous la menace d'un couteau, des images qui avaient provoqué le mois suivant une manifestation de femmes dans la capitale guinéenne contre l'impunité des auteurs de violences sexuelles.

Sa défense a présenté le 2 août une demande de remise en liberté provisoire pour raisons de santé devant le tribunal pour enfants "parce que Tamsir est né le 2 février 1999, donc il est encore mineur", a indiqué à l'AFP son avocat, David Béavogui.

Auparavant, "notre client avait bénéficié de deux ordonnances de placement en milieu hospitalier", mais compte tenu de son état de santé et de ses conditions d'hospitalisation, le juge lui a accordé la semaine dernière la liberté provisoire sous contrôle judiciaire, a précisé Me Béavogui.

Le juge a pris en compte les conventions "ratifiées par la Guinée relatives aux droits de l'enfant, le droit à la vie, le droit à la santé et le droit à la survie", a souligné l'avocat, se refusant à révéler de quoi souffrait son client, actuellement admis à l'hôpital Ignace Deen de Conakry, selon lui.

Asmaou Barry, du collectif d'ONG "Touche pas à ma soeur", initiateur de la manifestation du 4 novembre, s'est dite déçue.

"Bien avant cette liberté provisoire, nous avions des informations selon lesquelles Tamsir n'était pas un prisonnier comme les autres", a-t-elle déclaré à l'AFP, évoquant sa participation à des productions musicales ou sa page Facebook le montrant selon elle "dans des lieux huppés ou luxueux qui n'ont rien à voir avec un milieu carcéral".

"Maintenant, ils ont mis les formes" avec cette décision judiciaire, a-t-elle estimé.

"Nous sommes en concertation, nous ferons une déclaration ou une lettre ouverte adressée au ministre de la Justice parce qu'il a pris des engagements quand nous lui avons remis notre mémorandum" lors de la manifestation, a-t-elle rappelé.

"Aucune plainte ne sera classée sans suite quand ça touche les problèmes de viol ou de violences", avait assuré le ministre, Cheick Sako, promettant la "tolérance zéro en ce qui concerne les violences faites aux femmes".

ab/sst/jlb