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31/08/2016 05:54 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Brésil : les sept moments-clés de la chute de Dilma Rousseff

Corruption, crise économique et tensions au sein de la coalition gouvernementale ont marqué le second mandat tourmenté de Dilma Rousseff, qui sera sauf immense surprise destituée mercredi par le Sénat brésilien.

Voici sept moments-clés de la crise politique historique qui ont acculé la présidente de gauche, accusée de maquillage des comptes publics et sans doute remplacée dans la journée par son ancien vice-président Michel Temer (PMDB, centre droit).

- L'économie chute, la popularité aussi -

La plus grande économie d'Amérique latine est en récession depuis le deuxième trimestre 2015 avec un cocktail qui combine hausse de l'inflation, chômage et profonde détérioration des comptes publics.

L'activité se contracte de 3,8% en 2015, la crise éclate et finit par affecter Mme Rousseff, qui affiche des taux d'impopularité record.

- Lula réveillé par la police -

Le 4 mars 2016, l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), fondateur du Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir, est réveillé par la police. Il sera brièvement interpellé et interrogé dans le cadre de l'enquête sur le scandale de corruption entourant le géant public pétrolier Petrobras.

Au cours des mois suivants, il sera successivement inculpé pour tentative d'entrave à la justice, corruption passive et blanchiment d'argent dans ce dossier.

- 'Dilma dehors !' -

Le 13 mars 2016, trois millions de Brésiliens défilent dans tout le pays aux cris de "Dilma dehors !" lors de manifestations d'ampleur historique. C'est le point d'orgue de mois de mobilisations orchestrées par l'opposition de droite pour demander le départ de Dilma Rousseff ou protester contre la corruption.

Le scandale Petrobras éclabousse tout autant le PT - mais pas directement Rousseff - que le PMDB de Michel Temer et la majeure partie de l'élite politique.

- Lula ministre, une manoeuvre osée -

Dilma Rousseff nomme le 16 mars 2016 Lula chef de cabinet (quasi Premier ministre). Le soir-même, le juge Sergio Moro, en charge du dossier Petrobras, divulgue l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre la présidente et Lula suggérant que la nomination de ce dernier a pour objectif de le protéger d'une possible mise en détention.

Sa nomination sera paralysée le jour-même par la justice.

- La coalition explose -

Fin mars 2016, la crise redouble d'intensité lorsque la direction du PMDB, pilier de la coalition gouvernementale, claque la porte, poussé par son dirigeant Michel Temer.

Cette décision entraînera une réaction en chaîne : d'autres alliés politiques quittent le navire présidentiel. Le sort de la présidente est presque scellé.

- Défaite dans les deux chambres -

En avril, les députés approuvent à une écrasante majorité la procédure de destitution de Mme Rousseff et son renvoi au Sénat.

Le 12 mai, la présidente est temporairement écartée du pouvoir par un vote historique du Sénat ouvrant la voie à son procès en destitution qui s'est ouvert jeudi. Son vice-président Michel Temer, 75 ans, qu'elle accuse d'avoir monté un "coup d'État" parlementaire, assume la présidence par intérim. En cas de destitution, il restera à la tête du pays jusqu'aux élections législatives et présidentielle de fin 2018.

- 'Votez contre ma destitution' -

Le 29 août 2016, Dilma Rousseff fait preuve de sa combativité en venant assurer elle-même sa défense au Sénat, avant de répondre, patiemment et calmement, pendant plus de 14 heures aux questions des parlementaires.

Rappelant avec émotion qu'elle a été emprisonnée et torturée sous la dictature militaire, l'ancienne guérillera de 68 ans dit craindre "la mort de la démocratie".

"Votez contre la destitution, votez pour la démocratie", lance-t-elle en guise de conclusion aux sénateurs, dont plus de la moitié sont soupçonnés de corruption ou visés par une enquête.

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PETROBRAS - PETROLEO BRASILEIRO