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31/08/2016 11:40 EDT | Actualisé 01/09/2017 01:12 EDT

Brésil : destituée, Rousseff fustige un "coup d'Etat"

Dilma Rousseff a vigoureusement réagi mercredi à sa destitution de la présidence du Brésil par le Sénat, fustigeant un "coup d'Etat parlementaire" et annonçant une opposition féroce au nouveau "gouvernement putschiste".

"Le Sénat a pris une décision qui entre dans l'histoire des grandes injustices" et les sénateurs "ont décidé d'interrompre le mandat d'une présidente qui n'a pas commis de crime de responsabilité. Ils ont condamné une innocente et commis un coup d'Etat parlementaire", a déclaré devant les médias la dirigeante de gauche de 68 ans dans une allocution très offensive.

Elle a lancé une sévère mise en garde à son successeur, son ancien vice-président de centre-droit Michel Temer qui a précipité sa chute en claquant la porte de sa coalition, et à ses nouveaux alliés conservateurs.

"Ecoutez bien : ils pensent qu'ils nous ont battu mais ils se trompent. Je sais que nous allons tous lutter. Ils vont être confrontés à l'opposition la plus ferme, infatigable et énergique que puisse subir un gouvernement putschiste", a-t-elle martelé, répétant cette phrase en insistant sur chaque mot.

"Pendant 13 ans, nous avons mené avec succès un projet d'inclusion sociale et de réduction des inégalités au Brésil", a-t-elle ajouté en référence aux 13 années ininterrompues de pouvoir du Parti des travailleurs (PT, gauche), sous sa présidence et celle de son mentor Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010).

"Mais je suis persuadée que l'interruption de ce projet n'est pas définitive. Nous reviendrons, non pas par vanité et ambition personnelle, mais pour continuer à lutter pour un Brésil meilleur et plus juste", a-t-elle ajouté, dans une allusion aux prochaines élections législatives et présidentielle de 2018.

"Il ne s'agit pas d'un adieu, mais d'un à bientôt", a encore dit Mme Rousseff.

Dilma Rousseff a été destituée de ses fonctions par plus des deux tiers des sénateurs brésiliens qui l'ont jugée coupable de maquillages de comptes publics.

Tout au long de cette procédure controversée de destitution lancée en septembre dernier, Mme Rousseff a toujours nié avoir commis un quelconque crime de responsabilité.

Elle n'a eu de cesse de dénoncer une procédure sans base juridique solide visant à l'écarter du pouvoir, au mépris du vote des 54 millions de brésiliens qui l'ont réélue en 2014.

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