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30/08/2016 05:36 EDT | Actualisé 30/08/2016 05:39 EDT

Attaques chimiques en Syrie: Londres et Paris réclament des sanctions de l'ONU contre Damas

Reuters
A woman, affected by what activists say was a gas attack, breathes through an oxygen mask inside a field hospital in Kfar Zeita village in the central province of Hama April 12, 2014. Syrian opposition activists have posted photographs and video that they say shows an improvised chlorine bomb to back up claims that President Bashar al-Assad's forces used chemical weapons in two attacks last week. Rebels and the government have blamed each other for the alleged poison gas attacks on Friday and Saturday on rebel-held Kfar Zeita village in the central province of Hama, 125 miles(201 km) north of Damascus. Picture taken April 12, 2014. REUTERS/Stringer (SYRIA - Tags: POLITICS CIVIL UNREST CONFLICT)

La France et le Royaume-Uni ont réclamé mardi auprès du Conseil de sécurité des Nations unies l'adoption de sanctions contre le régime syrien à la suite d'un rapport de l'ONU qui l'accuse d'avoir mené des attaques chimiques.

Les ambassadeurs français et britannique François Delattre et Matthew Rycroft ont accusé Damas de «crimes de guerre».

Leur homologue américaine Samantha Power a pour sa part affirmé que Damas devrait «payer le prix» de ces attaques.

Une enquête onusienne a établi, pour la première fois, que l'armée syrienne avait mené au moins deux attaques chimiques en Syrie et que le groupe État islamique avait utilisé du gaz moutarde.

Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil étaient réunis mardi pour étudier ce rapport baptisé Joint Investigative Mechanism (JIM, mission d'enquête conjointe), fruit d'un an d'enquête.

De son côté, la Russie, alliée du gouvernement syrien, s'est montrée beaucoup plus prudente sur la réponse à apporter à ces accusations. En tant que membre permanent du Conseil, Moscou peut bloquer toute décision en usant de son veto.

La France, elle, souhaite "une réponse rapide et ferme du Conseil", soit des "sanctions contre les responsables de ces actes qui constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", a déclaré M. Delattre à la presse.

Il a souhaité que le mandat du JIM, qui expire en septembre, soit prolongé d'un an au moins pour poursuivre ses investigations sur l'utilisation par Damas de gaz de chlore dans le nord de la Syrie en 2014 et 2015, attestée par le rapport.

"Tous ceux qui sont responsables doivent rendre des comptes", a abondé l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft. "Nous souhaitons un régime de sanctions et l'utilisation des mécanismes légaux internationaux pour rendre la justice".

Les crimes de guerre et crimes contre l'humanité sont le domaine de compétence de la Cour pénale internationale (CPI).

Mais les tentatives des Occidentaux au Conseil pour obtenir que la CPI se saisisse des exactions commises dans la guerre complexe en Syrie ont buté jusqu'ici sur l'opposition de la Russie et de la Chine.

L'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine a expliqué aux journalistes que la réunion servirait à "échanger nos analyses" sur le rapport du JIM. Celui-ci "a travaillé très dur et de manière très professionnelle et nous devrions faire de même", a-t-il ajouté, tout en refusant de se prononcer sur d'éventuelles sanctions.

Les enquêteurs du JIM ont conclu que des hélicoptères militaires syriens avaient répandu du gaz de chlore sur au moins deux localités de la province d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, à Talmenes le 21 avril 2014 et Sarmin le 16 mars 2015.

Le groupe Etat islamique a de son côté utilisé du gaz moutarde à Marea (gouvernorat d'Alep, nord) le 21 août 2015.

De précédents rapports de l'ONU avaient déjà établi l'utilisation d’armes chimiques en Syrie mais sans désigner les responsables.

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