POLITIQUE
29/08/2016 05:55 EDT | Actualisé 29/08/2016 05:57 EDT

Une Montréalaise déplore le «bilinguisme à sens unique» chez McDonald's (VIDÉO)

«We are in Canada, everybody should speak English»

Une Montréalaise a vécu une bien mauvaise expérience lorsqu'elle a voulu se plaindre en français dans une chaîne de restauration rapide où on lui a répondu que « tout le monde devrait parler anglais ». Elle s'est alors tournée vers l'Office québécois de la langue française, qui a reçu 1614 plaintes du genre dans les trois dernières années.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Une plainte vient donc s'ajouter au lot : celle de Marie-Christine Roy, qui s'est rendue, le 17 août dernier, au restaurant McDonald's du Marché central, à Montréal.

Quand elle a voulu se plaindre du service, de sa coupe glacée et du manque de propreté des toilettes, la gérante lui a alors répondu en anglais. Marie-Christine Roy a demandé d'obtenir une réponse à ses questions en français, mais la gérante lui a répondu : « We are in Canada, everybody should speak English ».

«Je suis enseignante d'anglais, donc ce n'est pas une chasse aux sorcières contre les anglophones. Au contraire. Je suis pour le bilinguisme, mais ça va dans les deux sens.» - Marie-Christine Roy

Comme le prévoit la loi au Québec, les consommateurs de biens ou de services ont le droit d'être informés et servis en français par les entreprises établies dans la province.

Marie-Christine Roy a donc fait parvenir une plainte à l'Office québécois de la langue française et à la chaîne de restauration.

marie christine roy

Marie-Christine Roy PHOTO : RADIO-CANADA

McDonald's présente des excuses

McDonald's Canada a offert ses excuses et deux McFlurry à Marie-Christine Roy. L'employée aurait aussi été rencontrée. L'entreprise a décliné notre demande d'entrevue à la caméra, mais a accepté de s'expliquer dans un courriel.

« Nous sommes fiers de communiquer en français avec nos clients et nos employés et nous allons bien au-delà de l'aspect réglementaire. [...] Le cas auquel vous faites référence est un incident isolé pour lequel nous avons présenté nos excuses à la cliente. Par ailleurs, l'équipière [Sic: l'employée] était bilingue! », peut-on y lire.

Des plaintes par centaines au Québec

Ces trois dernières années, le nombre de plaintes relatives au service en français est stable à l'Office québécois de la langue française. Plus de 500 plaintes sont déposées chaque année.

« Ce qu'on a compris en faisant certaines recherches, c'est que, oui, on peut faire une plainte, parfois on peut envoyer une mise en demeure, mais jamais on ne va faire une poursuite comme dans d'autres domaines », explique Frédéric Bérard, constitutionnaliste et codirecteur de l'Observatoire national en matière de droits linguistiques de l'Université de Montréal.

L'Office québécois de la langue française indique pour sa part faire « tout de même des interventions de sensibilisation auprès des commerces et des entreprises qui ne respectent pas ces articles de la Charte de la langue française ».

Qu'en est-il à Montréal?

En moyenne, 60 % des plaintes déposées à l'Office proviennent de la région de Montréal.

« Les immigrants qui possèdent moins bien le français tentent de travailler là où ils vivent, c'est-à-dire sur l'île de Montréal. Et ça peut affecter cette perception que le français est moins fluide dans les commerces de détail, affirme Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Les francophones sont moins présents dans les quartiers centraux de l'île ».

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