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29/08/2016 05:35 EDT | Actualisé 30/08/2017 01:12 EDT

Pakistan: la Cour suprême valide des condamnations à mort contestées

La Cour suprême du Pakistan a confirmé en appel lundi les peines de mort infligées à seize civils jugés pour terrorisme par des tribunaux militaires contestés.

Dans leurs appels, les condamnés avaient pointé du doigt le manque de transparence et de respect des procédures par ces tribunaux créés il y a un an et demi.

Les familles des accusés avaient déploré que leurs proches disparaissent, sans être informées de leur sort. Ce n'est que plus tard qu'elles apprenaient -- souvent par les médias -- qu'un fils ou un oncle avait été jugé et condamné pour terrorisme, et risquait d'être exécuté.

Mais un panel de cinq juges de la Cour suprême, présidé par le juge en chef Anwar Zaheer Jamali, a estimé que les requérants n'étaient pas parvenus à prouver que les tribunaux militaires avaient violé certains de leurs droits constitutionnels ou manqué à certaines procédures.

Ces tribunaux ont été créés "dans des circonstances exceptionnelles", souligne la décision, pour juger exactement le type de faits pour lesquels les accusés sont mis en examen.

Le Pakistan a rétabli la peine de mort et constitué des tribunaux militaires en réaction à l'attentat le plus meurtrier de son histoire: une attaque des talibans contre une école du nord-ouest du pays en décembre 2014. L'assaut avait fait plus de 150 morts, en majorité des élèves.

Les 11 tribunaux militaires ont jugé 128 personnes dont 104 ont été condamnées, selon un bilan établi par l'ONG International Commission of Jurists (ICJ). Seuls quatre ont échappé à la peine de mort, écopant d'une peine de prison à vie.

Les défenseurs des droits de l'Homme réclament une plus grande transparence, soulignant que ces tribunaux ne respectent même pas les normes très minimales des tribunaux militaires ailleurs dans le monde.

Reema Omer, conseillère juridique pour ICJ, souligne que le nombre inhabituellement élevé de condamnés ayant confessé leur crime -- 98 sur 104 -- soulève la question d'un éventuel recours à la torture.

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