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29/08/2016 10:00 EDT | Actualisé 30/08/2017 01:12 EDT

Libye: l'EI pourchassé dans ses derniers carrés à Syrte

Les forces du gouvernement libyen d'union nationale (GNA) ont lancé lundi une nouvelle attaque contre les derniers jihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans leur ex-bastion à Syrte, au lendemain de violents combats qui ont fait des dizaines de morts et blessés.

Les jihadistes sont désormais acculés dans un secteur de moins de deux km2 dans la ville qu'ils avaient conquise en juin 2015, ont affirmé les forces du GNA.

Un millier de soldats les encerclent après avoir lancé dimanche "l'ultime bataille" pour reconquérir totalement Syrte, située sur la côte méditerranéenne à environ 450 km à l'est de Tripoli.

"Des combats ont éclaté après une nouvelle avancée ce soir de nos soldats appuyés par des chars", a expliqué à l'AFP Reda Issa, porte-parole des forces pro-GNA, ajoutant que les forces loyalistes avaient aussi "fait face aux franc-tireurs de l'EI postés dans les immeubles".

"Nos soldats tentent de protéger leurs positions en se redéployant dans les secteurs repris dimanche et en les ratissant", avait-il indiqué quelques heures auparavant.

L'hôpital de campagne de Syrte a annoncé sur sa page Facebook la mort de six combattants loyalistes dans ces affrontements.

Trente-huit autres ont perdu la vie dimanche, et 185 ont été blessés, selon un bilan fourni par l'Hôpital central de Misrata (à mi-chemin entre Syrte et Tripoli) où est basé le commandement de ces forces.

- 'Journée sanglante' -

Les combattants de l'EI vendent chèrement leur peau. Fidèles aux méthodes de guérilla du groupe extrémiste, ils ont ainsi lancé pour la seule journée de dimanche contre les soldats au moins 12 voitures piégées conduites par des kamikazes, selon le centre de presse des forces du GNA.

Depuis le début de l'offensive sur Syrte le 12 mai, plus de 400 combattants loyalistes ont été tués et environ 2.500 blessés.

Le bilan humain des combats au sein de l'EI n'est pas connu.

L'Hôpital central de Misrata était submergé lundi par la présence de combattants loyalistes blessés. Il avait été obligé la veille de transformer le hall d'accueil en une deuxième salle des urgences pour pouvoir recevoir tous les blessés, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Ce fut une journée sanglante", a affirmé le docteur Akram Joumaa. "J'ai effectué une dizaine d'interventions chirurgicales, certaines ont duré jusqu'à ce matin, d'autres sont toujours en cours".

L'infirmier Mohammed al-Qouweid a de son côté regretté le manque de place à l'hôpital. "On doit mettre cinq ou six combattants ensemble dans la même chambre".

- Mosquée al-Zarqaoui -

Parmi les bâtiments repris dimanche par les forces du GNA, figure la Mosquée Qortoba, que les jihadistes avaient renommée Abou Mossab al-Zarqaoui en prenant le contrôle de Syrte en juin 2015.

Ils rendaient ainsi hommage au chef jihadiste jordanien qui avait été tué dans un raid américain en Irak en 2006 après avoir contribué à fonder l'EI.

Les jihadistes avaient mis le feu à la bibliothèque de cette illustre mosquée, tué l'un de ses imams et converti son esplanade en arène de "torture et d'exécution de plusieurs habitants de Syrte", selon le centre de presse des forces pro-GNA.

Avant l'offensive sur Syrte, des sources françaises et américaines faisaient état de 5.000 et 7.000 jihadistes de l'EI dans toute la Libye. Mais à la mi-août, le porte-parole adjoint du Pentagone, Gordon Trowbridge, estimait qu'il ne restait que "quelques centaines de jihadistes à Syrte" et à peine "1.000 à quelques milliers" dans tout le pays.

Une reprise de Syrte représenterait une victoire pour le gouvernement d'union qui tente d'imposer son autorité sur un pays déchiré par les luttes entre autorités et milices rivales depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Soutenu par la communauté internationale, le Premier ministre Fayez al-Sarraj n'a jusqu'à présent pas réussi à faire approuver le gouvernement d'union par le Parlement basé dans l'est du pays, qui soutient un gouvernement parallèle.

Les forces loyalistes combattant à Syrte ont récemment profité des raids de l'aviation américaine pour lancer leur dernier assaut alors qu'elles peinaient depuis juin à déloger les jihadistes de leur fief.

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