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29/08/2016 09:33 EDT | Actualisé 30/08/2017 01:12 EDT

L'Egypte se dote d'une TVA, réforme cruciale pour un prêt du FMI

Le Parlement égyptien a adopté lundi l'instauration d'une taxe sur la valeur ajoutée (TVA), une des réformes promises par Le Caire en échange d'un prêt de 12 milliards de dollars du FMI qui doit encore être finalisé.

Cette TVA est fixée à 13% pour l'année fiscale 2016-2017, et sera relevée à 14% pour l'exercice suivant, ont indiqué à l'AFP les députés Khaled Youssef et Emad Gad.

L'Egypte et le Fond monétaire international (FMI) ont annoncé à la mi-août un "accord préliminaire" pour un prêt de 12 milliards de dollars s'étalant sur trois ans, qui doit encore être avalisé dans les prochaines semaines par le conseil d'administration de l'institution.

En contrepartie, les autorités égyptiennes doivent adopter des réformes économiques drastiques pour augmenter les revenus de l'Etat et réduire leurs coûteuses subventions publiques.

"Le Parlement a approuvé le projet de loi présenté par le gouvernement concernant la Taxe sur la valeur ajoutée", a annoncé lundi le site internet du Parlement.

La TVA remplace une autre taxe sur la vente qui était de 10%. Selon le gouvernement, une cinquantaine de produits et de services sont exemptés de la nouvelle taxe, dont des produits de première nécessité comme le pain.

Pour entrer en vigueur, la nouvelle taxe doit être promulguée par le président Abdel Fattah al-Sissi.

"C'est une pilule amère. Il n'y a pas d'alternative. Ca fait partie des politiques de réformes économiques prévues par l'accord du FMI", a indiqué à l'AFP le député Emad Gad.

"Les plus démunis vont payer la facture de ces soi-disant réformes économiques. On ne s'approche pas des plus aisés", déplore cependant le député Khaled Youssef.

Le prêt du FMI est vital pour l'Egypte: plus de cinq ans après la révolte de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir, l'économie souffre de l'instabilité politique et des violences qui ont chassé touristes et investisseurs étrangers.

Le Caire fait face à une forte pénurie de dollars et une chute de ses réserves de change à la Banque centrale. Dans un pays où même les produits de première nécessité comme le blé sont importés, la pénurie de devises étrangères a fait exploser les prix, entraînant une chute du pouvoir d'achat.

"Toutes les décisions difficiles que beaucoup ont eu peur de prendre au fil des dernières années, je n'hésiterai pas une seconde à les prendre", avait mis en garde à la mi-août le président Sissi.

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