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29/08/2016 07:18 EDT | Actualisé 30/08/2017 01:12 EDT

Italie/séisme: priorité aux écoles, les maisons suivront

Des experts devaient commencer lundi à évaluer la viabilité des écoles dans la zone frappée par le séisme dans le centre de l'Italie en prévision de la rentrée scolaire, tandis que le gouvernement cherche des solutions innovantes pour reloger rapidement les sinistrés.

"Nous devons donner immédiatement à ceux qui ont survécu à cette tragédie un signal d'espoir et de retour à la normalité" et la rentrée scolaire, mi-septembre en Italie, doit être "le premier signal", a déclaré la ministre de l'Education, Stefania Giannini.

Les autorités italiennes estiment qu'un des moyens de motiver les habitants à rester dans les zones sinistrées est de permettre à leur enfants d'y poursuivre une scolarité normale.

Réparer rapidement les écoles susceptibles de l'être, déplacer les élèves des écoles détruites ou dangereuses dans d'autres intactes, construire des préfabriqués... Toutes les pistes sont à l'étude pour que la rentrée ait bien lieu.

A ce sujet, une réunion est prévue mercredi, en présence de la ministre, à Amatrice, localité la plus touchée avec plus de 230 morts sur un total de près de 300 victimes.

En marge d'une cérémonie solennelle de funérailles samedi à Ascoli Piceno, au pied des montagnes meurtries, le maire de la ville, Guido Castelli a répété l'engagement du chef du gouvernement, Matteo Renzi, à apporter des réponses concrètes aux sinistrés en reconstruisant au plus vite les écoles, les mairies et les églises.

Actuellement, quelque 2.900 sinistrés reçoivent une assistance de la protection civile et la majeure partie sont hébergés dans de grandes tentes bleues, une solution d'urgence qui ne pourra pas s'inscrire dans la durée, le froid arrivant rapidement dans cette région montagneuse.

- 'Faire vite, mais bien' -

"Il faut faire vite, mais plus encore, il faut faire bien et surtout impliquer les populations concernées", a écrit Matteo Renzi lundi sur sa page Facebook.

"L'engagement du gouvernement est que ces lieux, au passé si riche, puissent avoir un avenir et pour le faire, il faudra travailler tous ensemble", a ajouté le président du Conseil italien.

M. Renzi a requis l'expertise, lors d'un entretien de quatre heures dimanche, du célèbre architecte italien Renzo Piano, 78 ans, prix Pritzker de l'architecture en 1998 et auteur avec son équipe de plus de 120 projets sur plusieurs continents, dont le centre Beaubourg à Paris.

L'architecte, qui a reconstruit l'Auditorium de l'Aquila après le tremblement de terre de 2009, estime qu'il faut agir en deux temps: d'abord des petites maisons en bois et un retour dans les maisons en dur au fur et à mesure de l'avancée des travaux.

Lors du séisme de L'Aquila, qui avait fait plus de 300 morts en 2009 à une cinquantaine de kilomètres d'Amatrice, les villages de tentes étaient restés des mois en place.

Mais ce séisme avait eu lieu en avril, et la protection civile avait dû prendre en charge 65.000 sinistrés, dont beaucoup ont ensuite été relogés dans de nouveaux quartiers en périphérie de L'Aquila.

Sept ans après ce séisme, le centre historique de l'Aquila n'a pas encore été entièrement reconstruit et les stigmates sont encore bien visibles : les échafaudages sont omniprésents, certaines rues fermées à la circulation, de nombreux immeubles sont toujours abandonnés.

"Sur la reconstruction, il y des pages d'efficacité absolue, mais aussi des pages à oublier", a souligné Matteo Renzi.

"Chaque centime dépensé pourra être vérifié", a poursuivi le chef du gouvernement italien, alors que les scandales de corruption liés notamment à la reconstruction de l'Aquila ont ressurgi dans la presse italienne ces derniers jours.

Une cérémonie de funérailles pour les victimes du séisme sera organisée à Amatrice mardi en fin d'après-midi. Elle avait été déplacée à Rieti, pour des raisons de logistique et de météo, mais devant les protestations de la population d'Amatrice, le plan initial a été confirmé.

La police a par ailleurs annoncé l'arrestation lundi de deux pillards à Amatrice, un homme et une femme, trouvés en possession d'un faux pistolet, de 300 euros en espèces, d'habits et d'objets provenant des maisons éventrées.

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