POLITIQUE
28/08/2016 11:06 EDT | Actualisé 28/08/2016 11:12 EDT

«Le rêve américain n'existe pas»

Grove Pashley via Getty Images
Hands holding torn America flag

Ils sont comptables ou ingénieurs et ils arrivent à peine à joindre les deux bouts. Ils vivent dans la Silicon Valley, haut lieu de la nouvelle économie, dans cette Californie qui a longtemps incarné le rêve américain. Portraits d'une classe moyenne en perte de vitesse.

Monica Randall est ingénieure. Son mari détient un MBA et un doctorat en mathématiques. Tous deux ont travaillé dans diverses entreprises de technologie de la baie de San Francisco.

Les Randall ont changé de statut socioéconomique au cours des dernières années. Ils formaient une famille très à l'aise, propriétaire d'une maison à Atherton, village cossu de la Silicon Valley. Ils ont aujourd'hui épuisé leur fortune personnelle.

L'éclatement de la bulle Internet, en 2002, a frappé fort chez les Randall : pertes d'emploi et investissements qui ont fondu comme neige au soleil. À peu près à la même période, ils ont découvert que leurs enfants avaient de sérieux problèmes d'apprentissage. Le couple a dû gruger dans ses épargnes pour assurer à leurs enfants les meilleurs traitements. Pendant cette période, les Randall n'étaient pas toujours couverts par un régime d'assurance maladie.

Ensuite, il y a un nouveau choc avec la crise de 2008.

Les Randall vivent encore au cœur de la prospérité de Silicon Valley, mais sans toutefois en profiter. Monica ne croit plus au rêve américain.

Le rêve américain n'existe pas. C'est un mensonge de croire que les gens peuvent avoir leur entreprise, la liberté financière, une maison. On fait croire aux gens qu'ils ont droit à tout ça; c'est un mensonge. -Monica Randall

Les Randall louent un appartement à 3600 $ par mois. Ils ont trois chambres pour abriter toute la famille, soit le couple et ses quatre fils, qui ont entre 22 et 28 ans. À cela, ils doivent ajouter des frais d'assurance maladie de 1600 $ par mois pour couvrir le couple, au début de la soixantaine.

Il n'y a plus d'emploi permanent pour l'ingénieure et le docteur en mathématiques. Il n'y a que des contrats renouvelables ou non, sans sécurité d'emploi, et sans toujours avoir droit aux précieux avantages tels que la participation financière de l'employeur à un régime décent de soins de santé.

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