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28/08/2016 06:43 EDT | Actualisé 29/08/2017 01:12 EDT

Les rebelles syriens gagnent du terrain contre les troupes kurdes

BEYROUTH — Les rebelles syriens appuyés par la Turquie ont gagné du terrain contre les troupes kurdes dans le nord de la Syrie, dimanche, alors que des tirs aériens menés par l'armée turque auraient tué au moins 35 personnes, dont la plupart étaient des civils, selon les rebelles et des groupes de surveillance.

La Turquie a envoyé des chars d'assaut de l'autre côté de sa frontière pour aider les rebelles syriens à chasser Daech (groupe armé État islamique) de la ville de Jarablus la semaine dernière — une intensification considérable de l'implication des Turcs dans la guerre civile syrienne.

L'opération, appelée «Bouclier de l'Euphrate» vise également à repousser les forces kurdes, qui sont pourtant liées aux États-Unis. Cette intervention place un allié de l'OTAN, la Turquie, contre un autre, les États-Unis, qui ont appuyé ces troupes perçues comme les plus efficaces dans le combat contre les extrémistes.

L'agence de presse officielle de l'État turc, Anadolu, a affirmé que les tirs aériens avaient tué 25 «terroristes» kurdes et détruit cinq édifices utilisés par ces combattants. L'armée turque «prend toutes les précautions et fait preuve d'un maximum de sensibilité pour s'assurer que les civils habitant dans la région ne soient pas blessés», a assuré l'agence de presse.

Cependant, selon les militants de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, au moins vingt civils et quatre soldats kurdes ont perdu la vie dans le village de Beir Khoussa. L'agence de presse des régions kurdes a même dit que Beir Khoussa avait «apparemment perdu tous ses résidants».

Un soldat turc a été tué par une attaque à la roquette des Kurdes, samedi soir, la première victime depuis le début le début de l'offensive qui en était dimanche à son cinquième jour.

Plusieurs factions des rebelles appuyés par les Turcs ont affirmé dimanche qu'ils avaient pris le contrôle d'au moins quatre villages et d'une ville situés au sud de Jarablus.

Ankara est profondément sceptique face aux milices kurdes syriennes qui forment la majeure partie des Forces démocratiques syriennes — une coalition appuyée par les États-Unis.

La Turquie perçoit les Kurdes syriens comme une extension du peuple kurde qui mène une insurrection dans le sud-est de la Turquie. Les dirigeants turcs se sont engagés à repousser Daech et les Unités de protection du peuple de la frontière turque.