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28/08/2016 17:14 EDT | Actualisé 29/08/2017 01:12 EDT

Bolivie: le gouvernement reprendra le dialogue avec les mineurs après enquête sur la mort du vice-ministre

Le gouvernement bolivien a annoncé qu'il reprendrait le dialogue avec les coopératives minières à condition que la lumière soit faite sur les meurtres du vice-ministre Rodolfo Illanes et de quatre autres personnes.

"Tant que ces meurtres ne seront pas élucidés, comme pourrions-nous parler de dialogue? Il faut tout d'abord éclaircir toute cette histoire", a indiqué le ministre de l'Intérieur Carlos Romero à la chaîne de télévision Cadena A.

"Si l'on n'établit pas qui sont les responsables, avec qui allons-nous dialoguer ? Nous n'allons pas nous asseoir à la table des négociations avec des criminels", a-t-il ajouté, en faisant allusion aux dirigeants de la Fédération nationale des coopératives minières (Fencomin), qu'il tient pour responsable du meurtre de Rodolfo Illanes, vice-ministre de l'Intérieur.

A l'aube, après une audience de sept heures, la justice a envoyé en détention préventive dans une prison de haute sécurité les six principaux dirigeants de la Fencomin, parmi eux, son président, Carlos Mamani.

"Le bureau du procureur a déterminé la participation des accusés à la mort du vice-ministre, dans certains cas au degré de la perpétration, pour d'autres de la complicité" a expliqué le procureur Edwin Blanco dans un communiqué.

Le vice-ministre Rodolfo Illanes a été séquestré puis assassiné jeudi par des manifestants qui bloquaient un important axe routier à Panduro, village de haute altitude situé à 200 km au sud-est de la capitale La Paz.

Dépêché par le gouvernement, cet ancien avocat venait négocier avec les mineurs qui manifestaient contre une récente réforme du droit du travail.

Son corps a été abandonné enroulé dans une couverture à proximité de la route entre Oruro et La Paz. Il a été emmené vendredi matin dans un institut médico-légal pour une autopsie.

Dimanche après-midi ont eu lieu les obsèques du vice-ministre, après une série d'hommages rendus par des représentants de plusieurs institutions étatiques.

Vendredi, le président Evo Morales avait dénoncé le meurtre comme une "conspiration" contre son gouvernement

Les affrontements entre les mineurs et la police ont également fait quatre morts a affirmé le ministre de l'Intérieur.

Depuis plusieurs jours, les mineurs bloquaient plusieurs routes afin de protester contre une réforme du droit du travail qui instaure, notamment, la création de syndicats au sein des coopératives de mineurs, ce que ces derniers refusent.

Selon le ministre de l'Intérieur Carlos Romero, les propriétaires de concessions minières cherchent en réalité à pouvoir louer à des entreprises privées et étrangères, ce qui est interdit par la Constitution.

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