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28/08/2016 14:00 EDT | Actualisé 29/08/2017 01:12 EDT

A Brasilia, quelque 200 partisans de Rousseff veulent encore y croire

Une manifestation de soutien à Dilma Rousseff a regroupé 200 personnes dimanche à Brasilia, illustrant la perte d'influence du Parti des travailleurs (PT, gauche) de la présidente du Brésil.

La faible participation traduisait également la lassitude des Brésiliens face au long processus de destitution de la dirigeante, qui se défendra personnellement devant le Sénat lundi.

"Tous, demain, avec beaucoup de courage pour soutenir Dilma!", clamait sur une scène, près du stade Mané Garricha, l'un des porte-parole de la manifestation.

Le procès historique en destitution de Dilma Rousseff, notamment pour maquillage des comptes publics, a commencé jeudi au Sénat. Une nette tendance se dégage en faveur de la destitution, pour laquelle un vote final - attendu mardi ou mercredi - de deux tiers des sénateurs est requis.

"Nous ne pouvons permettre que l'on bafoue les élections de 2014, quand Dilma a été choisie" pour un second mandat, déclare à l'AFP Ricardo Machado, employé de banque de 55 ans.

Dans l'enceinte du stade, un campement avait été monté pour accueillir quelque 2.500 manifestants, qui devraient arriver dans la nuit de dimanche à lundi pour soutenir la présidente lors de sa venue au Sénat.

"Tout ce processus a été d'une violence énorme contre la démocratie", estime Carolina Modesto, assistante sociale de 35 ans. "Je ne sais pas si à ce niveau on peut inverser les choses, mais je vais être là en soutien jusqu'au bout".

Dilma Rousseff doit arriver lundi vers 11H30 GMT au Sénat, où elle s'exprimera environ 30 minutes, aux alentours de 12H00 GMT.

Pour affronter les 81 sénateurs, elle sera notamment accompagnée de son mentor politique, l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) et d'une douzaine d'anciens ministres.

Depuis des mois, celle qui avait été la première femme élue à la tête du Brésil en 2010 clame son innocence et crie au "coup d'Etat" institutionnel ourdi par le principal bénéficiaire de la manoeuvre : son ancien vice-président devenu rival, Michel Temer (PMDB, centre droit), 75 ans.

Il assure l'intérim depuis sa suspension le 12 mai par un vote de plus des deux tiers des sénateurs et gardera les manettes jusqu'aux élections présidentielle et législatives fin 2018 si elle est destituée.

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