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22/08/2016 04:22 EDT | Actualisé 22/08/2016 04:26 EDT

Plaidoyer pour punir plus sévèrement les utilisateurs du cellulaire au volant

La lutte contre l'utilisation du téléphone cellulaire au volant passe par une répression accrue, estime un coroner du Québec, au terme d'une enquête sur un accident mortel survenu le 3 mars sur l'autoroute 13 Nord, à Laval.

Michel Ferland recommande notamment à Ottawa d'amender le Code criminel pour créer une infraction criminelle de « conduite d'un véhicule moteur en utilisant un cellulaire causant la mort ou des lésions corporelles ».

Québec devrait pour sa part augmenter « substantiellement » les amendes et les points de démérite pour ceux qui dérogent au Code de la sécurité routière en utilisant leur cellulaire au volant, et prévoir d'autres sanctions en cas de récidive.

La répression semble être l'outil qui va devoir être utilisé pour contrer ce fléau qu'est l'usage du cellulaire au volant, car les campagnes de sensibilisation et autres moyens alternatifs laissent encore trop de place à des contrevenants. Parfois, l'outil répression est le seul disponible et le prix à payer pour une meilleure protection de la vie humaine.

Extrait du rapport du coroner Ferland

La victime de l'accident, Jimmy Brunet-Rotondo, est morte écrasée dans la carcasse de son train routier, après avoir embouti un autre train routier qui circulait devant lui. Aucune trace de freinage n'a été décelée sur la scène de l'accident. L'homme n'avait subi aucun malaise et n'avait pas de trace d'alcool dans son sang.

« L'absence de ralentissement du véhicule et le freinage de dernière minute suggèrent fortement qu'il n'avait pas les yeux sur la route, mais qu'il était occupé à autre chose », conclut le coroner Ferland, dans son rapport, rendu le 7 juin.

« La seule chose qui se dégage est qu'il était distrait par son cellulaire », poursuit le coroner. « Donc son attention n'était pas en priorité sur la conduite de son véhicule. »

L'appareil en question a été retrouvé « fortement endommagé » par terre, sur le plancher du côté passager, et l'enquête policière démontre que l'homme de 29 ans avait téléchargé un fichier sur sa page Facebook cinq minutes avant que l'accident ne se produise.

L'usage du cellulaire au volant et sa progéniture (textos, réseaux sociaux) a fait l'objet de plusieurs études. Tous s'entendent pour dire que cet usage est à risque d'accident par distraction.

Extrait du rapport du coroner Ferland

« Selon l'information obtenue, son cellulaire était le prolongement de lui-même », souligne le coroner, après avoir noté que M. Brunet-Rotondo avait d'ailleurs déjà reçu un constat d'infraction pour avoir utilisé son téléphone cellulaire en conduisant.

Michel Ferland estime qu'il y a un « parallèle intéressant à faire entre l'usage du cellulaire au volant et la conduite avec les facultés affaiblies et la toxicomanie ». Dans les deux cas, souligne-t-il, les usagers « savent très bien les risques encourus ».

Pour combattre le « fléau » qu'est devenue l'utilisation du cellulaire au volant, les autorités publiques devraient donc se mettre davantage en mode répression, comme ils l'ont fait pour l'alcool au volant, estime-t-il.

Le coroner Ferland recommande en outre que le Code de la sécurité routière du Québec soit amendé pour que les policiers qui prennent un automobiliste en flagrant délit puissent saisir l'appareil et sa carte puce pour une durée de 30 jours.

Il invite en outre Transport Canada à s'interroger sur l'opportunité d'équiper tous les véhicules neufs vendus au Canada d'un système de brouillage des ondes de tout appareil cellulaire.

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