POLITIQUE
22/08/2016 10:33 EDT | Actualisé 22/08/2016 12:46 EDT

Elizabeth May, après deux semaines d'hésitation, décide de rester à la tête du Parti vert du Canada

Elizabeth May entamera une deuxième décennie à la barre du Parti vert du Canada. Après avoir suggéré qu'elle pourrait céder sa place, elle a finalement décidé de rester, jugeant avoir encore du boulot à accomplir comme chef de la formation.

Il y a deux semaines, la leader avait décidé de réfléchir à son avenir après l'adoption, par les militants de son parti réunis en congrès, d'une résolution en faveur du mouvement "boycott, désinvestissement et sanctions" (BDS), qui vise à mettre de la pression sur Israël.

Le résultat de ce vote a profondément troublé Mme May, qui était opposée à la résolution, notamment parce que son adoption s'est faite selon un modèle majoritaire et non consensuel, comme le veut normalement la tradition chez les verts.

Cette résolution, comme toutes celles n'ayant pas fait l'objet d'un consensus au congrès, sera de nouveau soumise aux membres dans le cadre d'une assemblée extraordinaire, a-t-il été décidé dimanche lors de la conférence téléphonique du conseil fédéral du parti.

Il a également été résolu dimanche que le conseil "appuie entièrement la décision d'Elizabeth May de continuer d'assumer la fonction de chef". C'est donc forte de ce vote de confiance que la principale concernée s'est présentée devant les journalistes, lundi matin, à Ottawa.

"Je vais rester comme chef du Parti vert du Canada. Je suis heureuse de cette décision, et je suis vraiment heureuse d'avoir l'appui du conseil", a-t-elle affirmé. En annonçant sa décision, elle a dit avoir été surprise de se savoir si aimée, ayant été inondée de messages d'appui ces derniers jours.

"Il semble que je suis très aimée, a-t-elle lâché. C'est surprenant en politique."

Mme May, qui est la seule députée verte à siéger aux Communes, a tenu taire les rumeurs qui l'envoyaient chez les libéraux et les néo-démocrates. "Je n'ai jamais envisagé cela", a-t-elle tranché, précisant un peu plus tard ne pas non plus avoir été approchée par des partis adverses.

Citant son travail au comité qui se penche sur la réforme du mode de scrutin comme l'une des principales raisons l'ayant incitée à demeurer en selle, elle a par ailleurs dit ne pas avoir l'impression que son parti était divisé.

La dirigeante a refusé de dire si elle claquerait la porte dans l'éventualité où, à l'issue de l'assemblée extraordinaire, une résolution consensuelle en faveur du mouvement BDS était adoptée. Cette question est hypothétique, a-t-elle plaidé.

Elizabeth May dirige le Parti vert du Canada depuis 10 ans presque jour pour jour. Elle a été portée à la tête de la formation le 26 août 2006, succédant ainsi à Jim Harris.

L'avocate de formation est devenue en 2011 la première candidate du parti à être élue à la Chambre des communes. Elle a été réélue en octobre 2015 avec plus de 54 pour cent des voix dans la circonscription de Saanich_Gulf Islands, en Colombie-Britannique.

Mme May bénéficie d'un solide appui des membres de son parti. En avril dernier, elle a obtenu un score de 94 pour cent lors du vote sur la révision de son leadership.

Sous sa houlette, les verts ont récolté des suffrages de 6,8 pour cent (2008), 3,9 pour cent (2011) et 3,5 pour cent (2015) à l'échelle nationale.

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