DIVERTISSEMENT
21/08/2016 03:48 EDT | Actualisé 21/08/2016 03:50 EDT

Émilie Janvier se fait un prénom

Facebook - Émilie Janvier

Elle est la petite sœur de Marie-Ève Janvier, et elle a fait partie de la distribution de la téléréalité Phénomia, à VRAK, en 2003. Aussi bien dire qu’Émilie Janvier pourrait partir avec deux prises contre elle dans sa quête d’une identité artistique propre, d’un prénom bien à elle, d’une carrière juste à son nom, qui outrepassera le statut de «sœur de» ou de «fille d’un seul projet».

Or, à 26 ans, la jeune auteure-compositrice-interprète est simplement heureuse, sereine, contente de partager sa folk-pop ensoleillée sur son tout premier album éponyme, paru en avril. On oserait le mot «pétillante» s’il ne sonnait pas si cliché lorsqu’il est question d’une jolie jeune adulte de son âge au regard vif et à l’élégance racée, mais le qualificatif lui convient à ravir.

On lui parle toujours de Phénomia, et elle s’en réjouit, nullement embarrassée qu’on l’associe encore à ce concept qui a fait la joie des préadolescents à une époque où Facebook et Snapchat n’existaient pas encore. On décèle aussi aisément une parenté avec sa frangine animatrice de L’amour est dans le pré dans son timbre de voix, mais Émilie Janvier ne baisse pas les yeux lorsqu’on le lui fait remarquer, bien au contraire, toute fière qu’elle est d’être «la sœur de sa sœur». Vous avez dit bonheur facile?

«Moi et ma sœur, on est tellement fières l’une de l’autre, souligne Émilie, une affection sincère dans la voix. On a tellement une belle relation. Ma sœur, c’est ma meilleure amie. On a toujours besoin l’une de l’autre. Jamais elle ne va me mettre des bâtons dans les roues, et moi non plus. On a deux personnalités très différentes, on n’aborde pas les mêmes thèmes non plus. Et on a chacune notre créneau.»

«Et je me fais encore beaucoup parler de Phénomia, et ça me surprend et me touche beaucoup, continue-t-elle. Après 13 ans, les fans sont encore au rendez-vous. Je suis contente d’avoir fait Phénomia pour ça, aussi ; les gens sont là, continuent de nous suivre et ont hâte d’entendre ce qu’on a à offrir.»

La musique dans le sang

Mais si on lui demandait quand même de se décrire elle-même, sans tenir compte de ses «précédents»? Émilie Janvier éclate de son beau rire clair lorsqu’on le lui suggère.

«C’est une bonne question, avoue-t-elle. Tu me prends au dépourvu! (rires) Je me présente comme une fille très simple. Je n’aime pas trop en faire, dans la vie, j’aime rester fidèle à moi-même et jaser avec les gens. J’ai toujours été quelqu’un qui aimait les gens. En spectacle, c’est important pour moi d’avoir une relation de proximité avec le public. Une petite salle, c’est l’idéal, pour moi. Je me définis comme quelqu’un de simple, qui aime parler de la vie. C’est pour ça qu’écrire des chansons, pour moi, c’est précieux, parce que j’ai l’occasion de raconter plein de choses. Mon désir, c’est que les gens puissent se retrouver un peu là-dedans. Je suis aussi beaucoup trop romantique et sensible (rires). Je crois qu’on l’est tous un peu…»

La musique, Émilie Janvier s’en imprègne depuis qu’elle est bébé, ou presque. Chez elle, à Roxton Pond, maman est professeure de piano et papa «chante merveilleusement bien, même s’il ne le sait pas», ricane la benjamine du clan Janvier, qui compte trois enfants, l’aînée Marie-Ève, et Louis-Philippe, malheureusement décédé à 26 ans, en février 2013, des suites d’un cancer très rare qui l’affligeait depuis qu’il avait six mois. Émilie et Marie-Ève ont six ans de différence.

Enfant, Émilie Janvier a fait partie de la chorale Musicophonie, qui offrait des concerts pour amasser des fonds au profit de la Fondation Louis-Philippe Janvier, mise sur pied par ses parents pour venir en aide à tous les jeunes atteints du cancer, et qui existe toujours. Comme sa grande sœur, la fillette n’avait que quatre ans lorsqu’elle a poussé ses premières notes au sein de l’ensemble.

En grandissant, sa passion est demeurée intacte et l’a menée au cégep en guitare classique à Drummondville et à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en création littéraire et en chant. Maintenant établie en permanence à Montréal, Émilie Janvier donne toujours des cours de chant et de guitare et compte sur un bon bassin de clientèle à Granby, et travaille aussi à harmoniser des chansons pour des chorales. Elle a en outre été choriste sur divers plateaux de télévision (En direct de l’univers, Téléthon Opération Enfant Soleil).

Simplicité et romantisme

Mais son grand rêve, celui d’un disque tout personnel, à son image, lui a été rendu possible grâce à la boîte Musicor, qui l’a prise sous son aile. L’opus a été enregistré en janvier dernier, à Saint-Donat, avec le réalisateur Simon Godin, dans une douillette «bulle de création», comme elle se plait à l’illustrer. Émilie n’a pas cherché de midi à quatorze heures avant de glisser vers une ambiance folk.

«Musicalement, je ne me suis jamais demandé ce que j’avais envie de faire comme style de musique. J’ai toujours été très naturelle, sans me poser la question. En studio, j’ai écouté beaucoup de choses, du country, du folk, du rock. Mon album est inspiré de beaucoup de styles. C’est très guitare, très acoustique. On a trippé à aller chercher ces sonorités-là.»

La romantique assumée que reconnaît être Émilie Janvier, une rêveuse qui aime s’installer avec ses cahiers dans des cafés pour laisser courir son imagination, ouvre son cœur dans les textes que sa plume lui a dictés, et qui parlent beaucoup d’amour sous toutes ses formes. Qu’elle s’adresse à son frère disparu (Tes flocons, 7 février), à son beau-frère Jean-François Breau (Un pacte) ou qu’elle fantasme sur des romances naissantes, et d’autres, qui vieillissent bien (Aux Deux Marie, Lignes de corps, Trois ou quatre pas), Émilie le fait avec poésie et authenticité.

«Avec la tête de la fille de 26 ans que je suis aujourd’hui, je n’ai pas la même conscience que la fille de 20 ans que j’étais, détaille la chanteuse, très sérieusement. À 20 ans, je l’avais, ce projet, de faire un album ; mais je suis contente que ça se soit passé aujourd’hui. Parce que je pense que j’ai évolué. J’ai vécu des choses, j’ai grandi. Les thèmes que j’aborde, ce sont ceux d’une fille qui est rendue quelque part dans sa vie. Oui, je parle d’amour, mais aussi du deuil, parce que ça fait partie de ma vie. Quand mon frère est décédé, je me suis beaucoup donnée dans l’écriture, c’a été un échappatoire et ça m’a fait du bien.»

Quant à sa pièce pour Jean-François Breau, conjoint de sa sœur Marie-Ève et papa de sa nièce Léa, ce n’est qu’en lisant entre les lignes qu’on décèle l’hommage qui lui est rendu, mais celui-ci s’avère ô combien senti. «On s’invente frère et sœur pour la vie», y promet Émilie à son beau-frère.

«C’est une chanson qui parle de notre relation. JF est présent dans ma vie depuis très longtemps, maintenant, ça fait longtemps qu’il est avec ma sœur. C’est quelqu’un que j’aime profondément, c’a toujours été comme mon deuxième grand frère. Quand Louis-Philippe est décédé, sans prendre la place de mon frère, il m’a soutenue, supportée, il a été là pour moi. Je voulais lui dire ce que je ressentais ; parfois, c’est difficile de le dire de vive voix, mais en chanson, c’était plus facile pour moi de l’exprimer.»

Pour l’avenir, Émilie Janvier aspire à continuer de s’épanouir sans flaflas ni poudre aux yeux, et à s’amuser avant tout.

«Je ne cherche pas à changer le monde ou à offrir quelque chose de nouveau qui n’aurait jamais été entendu, avance-t-elle calmement. Je veux juste vraiment présenter qui je suis. Si vous m’aimez, tant mieux, et si vous m’aimez moins, ce n’est pas grave. Je fais de la musique pour moi, parce que j’aime ça, et pour les gens qui sont curieux d’entendre ce que j’ai à dire. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’artistes et de talents, et si je peux me faufiler parmi eux, j’en serai ravie.»

Émilie Janvier doit faire partie du collectif du Show du ciel de l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, ce dimanche, 21 août, à 19h, si la température le permet. Son album est toujours en vente, et on peut suivre ses actualités sur sa page Facebook.

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