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20/08/2016 11:26 EDT | Actualisé 21/08/2017 01:12 EDT

Washington dénonce la condamnation de militants anti-esclavagistes en Mauritanie

Les Etats-Unis ont dénoncé samedi les lourdes peines de prison et les tortures présumées à l'encontre de militants anti-esclavagistes en Mauritanie, appelant les autorités de Nouakchott au respect des droits de l'homme.

"Les Etats-Unis sont gravement préoccupés par les peines de prison sévères infligées à 20 personnes arrêtées après les manifestations du 29 juin à Nouakchott (...) Parmi les personnes condamnées se trouvent 13 membres de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA)", a écrit dans un communiqué le porte-parole du département d'Etat, Mark Toner.

Il faisait référence au procès devant la Cour pénale de Nouakchott qui a prononcé jeudi soir des peines allant de trois à quinze ans de prison ferme à l'encontre des 13 militants de l'IRA.

Ces militants avaient été arrêtés en raison de leur implication présumée dans une manifestation violente survenue lors du déplacement forcé par les autorités, le 29 juin, d'habitants du bidonville de Ksar à Nouakchott.

Le verdict de leur procès a été prononcé en l'absence du collectif constitué pour leur défense, qui avait décidé de se retirer pour protester contre les tortures infligées, selon ces avocats, à leurs clients.

"Nous sommes également consternés par des accusations précises rapportant que certains de ces individus ont été victimes d'abus et torturés durant leur détention après avoir été arrêtés", a déclaré M. Toner.

La cour a par la suite accepté le recours des avocats des 13 militants et ils vont pouvoir interjeter appel. "L'appel sera introduit certainement lundi" et portera sur la condamnation ainsi que les demandes de réparation en raison de "la torture subie par nos clients", avait expliqué vendredi Me Gourmo Lô, membre du collectif.

Le département d'Etat a réclamé une enquête sur ces tortures présumées.

"Nous soutenons les garanties d'un procès équitable, d'un processus judiciaire crédible et transparent et le respect des droits de l'homme pour tous les individus. Nous suivrons avec attention le procès en appel attendu", a encore écrit la diplomatie américaine dans son communiqué.

L'esclavage a officiellement été aboli en 1981 en Mauritanie mais certaines de ses pratiques perdurent, une situation que l'IRA dénonce avec véhémence.

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