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19/08/2016 20:33 EDT | Actualisé 20/08/2017 01:12 EDT

Philippines: les rebelles communistes décrètent une trêve avant des pourparlers

La rébellion communiste des Philippines a annoncé une trêve de sept jours à partir de dimanche et appelé le gouvernement de Manille à en faire autant, en préambule à la reprise de négociations de paix en Norvège la semaine prochaine.

Le Parti communiste des Philippines (PCP) a fait part de sa décision samedi au lendemain de la libération de Benito Tiamzon, le numéro un du parti et de sa branche armée, et de son épouse Wilma, plus de deux ans après leur arrestation. Ce geste a été consenti par le président Rodrigo Duterte.

Les leaders du PCP doivent participer à partir de lundi aux pourparlers organisés à Oslo dans l'espoir de mettre fin à l'une des plus anciennes guérillas du continent asiatique.

"Nous espérons que (le gouvernement) imitera notre décision de décréter un cessez-le-feu afin de prouver sa détermination inébranlable à faire progresser les négociations de paix", a expliqué le PCP dans un communiqué.

Les rebelles se sont également déclaré disposés à "envisager une trêve plus longue", à condition toutefois que le gouvernement libère "tous les prisonniers politiques".

Sollicité par l'AFP, un porte-parole du président philippin n'avait pas réagi dans l'immédiat à l'annonce du Parti communiste.

Fondé en décembre 1968, le PCP avait lancé trois mois plus tard une rébellion dans laquelle au moins 30.000 personnes ont été tuées, selon les estimations officielles.

La Nouvelle armée du peuple (NPA), bras armé du PCP, ne compterait plus aujourd'hui qu'environ 4.000 membres, contre 26.000 dans les années 1980. Mais elle bénéficie du soutien des populations les plus pauvres dans les zones rurales.

Le précédent président, Benigno Aquino, avait relancé les négociations de paix en 2010 mais les avait abandonnées trois ans plus tard, accusant la rébellion de manquer de sincérité. Les communistes avaient réclamé la libération de tous leurs membres emprisonnés, ce que le gouvernement avait refusé.

Lors de son premier "discours sur l'état de la nation" en juillet, M. Duterte - qui a pris ses fonctions le 30 juin - avait annoncé un cessez-le-feu unilatéral avec la rébellion communiste, qui n'avait duré que cinq jours. Il avait également présenté le cadre de pourparlers en Norvège, pays qui sert d'intermédiaire.

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