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20/08/2016 07:41 EDT | Actualisé 21/08/2017 01:12 EDT

Le Canadien Mark de Jonge est écarté du podium au K-1 200 mètres à Rio

RIO DE JANEIRO — Le dernier espoir de médaille du Canada en canoë-kayak aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro n'a pu se faire justice. Mark de Jonge, double champion du monde en titre, s'est contenté de la septième place au K-1 200 mètres au bassin Lagoa.

De Jonge, médaillé de bronze à Londres, a stoppé le chrono à 36,080 secondes, près d'une seconde derrière celui du Britannique Liam Heath, vainqueur en 35,197. Le Français Maxime Beaumont (35,362), ainsi que l'Espagnol Saul Craviotto et l'Allemand Ronald Rauhe, ex aequo en 35,662, ont complété le podium.

«Je suis très déçu. Septième, ce n'est pas là où je me voyais en venant aux Jeux, a déclaré de Jonge sans détour. Mais de façon réaliste, ce n'est pas si loin que ça. Je n'ai pas eu la meilleure saison qui soit en coupes du monde, en mai et juin. J'espérais que c'était passager, mais il semble que ce soit un problème généralisé cette année. Je ne l'avais pas aujourd'hui.»

«Je suis un peu sous le choc. Nos attentes étaient très élevées. Je n'étais pas gêné de le dire: nous venions ici pour gagner, a pour sa part indiqué son entraîneur, Frédéric Jobin. Mais nous avions constaté en coupes du monde qu'il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas. Il faisait des finales, mais juste un podium, contre un plateau peu relevé. Sinon, il avait de la difficulté à faire un top-5.»

Les deux hommes avaient d'ailleurs du mal à identifier ce qui n'a pas fonctionné, samedi.

«(Après les coupes du monde), je savais qu'il fallait identifier où était le problème, a dit Jobin. Nous avons fait des tests, et Mark est revenu au même niveau où il était l'année précédente. On s'est alors dit qu'on pouvait continuer dans la même veine et que ça irait bien.»

«Peut-être que nous avons sur-analysé tout ça. Quand on réduit la compétition à chaque coup de pagaie, on retire un peu de l'émotion nécessaire, a pour sa part avancé de Jonge. C'est ce que je voulais faire aujourd'hui, me présenter sur la ligne de départ et y aller à fond de train jusqu'au fil d'arrivée. Cesser de penser, laisser faire mon corps, qui sait quoi faire. Et j'ai réussi cela. Au final, je suis plutôt fier de ma performance. Le résultat, par contre, n'est pas satisfaisant. Je devrai apprendre à l'accepter au cours des prochains jours.»

Aussi confiant était-il, Jobin a commencé à exprimer des doutes au cours des dernières 48 heures.

«Dès la vague de qualification, je l'ai vu. Alors qu'il a l'habitude de gagner ses vagues, il a terminé troisième, avant de se qualifier de peine et de misère en demi-finale. Avec les données que nous avions amassées, je me suis dit qu'il allait peut-être en sortir une grosse aujourd'hui. Ça ne s'est pas passé. Malgré tout, il s'est bien senti: il m'a dit qu'il était surpris d'être aussi loin du gagnant.

«Savoir exactement ce qui s'est passé, ça va prendre des semaines. Et peut-être qu'on n'aura pas la réponse exacte, mais nous irons par élimination.»

Une chose est certaine: autant de Jonge que Jobin ne croient pas que l'athlète de la Nouvelle-Écosse ait perdu du terrain par rapport à ses adversaires.

«Il y avait plus de gars en-dedans d'une demi-seconde, mais le meilleur n'était pas meilleur que Mark l'était l'an dernier», a affirmé Jobin.

«C'était un plateau très relevé, mais j'étais toujours le gars à battre à titre de champion du monde ici. Malheureusement, ils ont été meilleurs que moi.»

Sera-t-il de retour à Tokyo?

«C'est un engagement important, mais pas si vous aimez ce que vous faites, et j'aime beaucoup le kayak, a lancé de Jonge. J'aime me lever le matin et avoir quelque chose sur laquelle travailler et c'est ce que me procure le kayak. À la fin de l'année, vous avez une grosse course et ça tourne à votre avantage ou pas, mais ça n'efface pas tout le travail fait ou le plaisir éprouvé pour vous y rendre.»

Pas de miracle au K-4

Après avoir causé toute une surprise en se qualifiant pour la finale A la veille, l'équipe du K-4 500 m — Andréanne Langlois, de Québec, Émilie Fournel, de Lachine, Genevieve Orton, de Lake Echo, et KC Fraser, d'Oakville — était à court de miracle.

Le quatuor a terminé huitième et dernier de sa finale remportée par la Hongrie en 1:34,482, devant l'Allemagne et le Bélarus.

Toutefois, certaines huitièmes places valent plus que d'autres, et les quatre Canadiennes étaient fort souriantes à l'issue de leur performance.

«Nous avons tout donné, j'en tremble encore, a indiqué Fournel. (...) C'est plus facile de dire que cette huitième place au monde, on va la prendre et s'en souvenir. Pour les prochains quatre ans, ça va nous mettre un peu plus de feu dans les bras, dans le corps, pour dire que le canoë-kayak féminin au Canada, on est là et on s'en vient.»

«Après notre performance de vendredi, j'espérais plus, a ajouté Fraser, mais on ne pouvait en demander davantage de toutes les filles ici. Cette course nous a donné de bonnes sensations.»

Le K-4 s'est révélé la surprise des Jeux pour la délégation canadienne. L'équipage ne s'était entraîné que pendant deux jours, en juillet, et la qualification de vendredi était leur première course ensemble.

Ces deux courses sont venues clôturer une régate décevante pour le Canada, qui n'a pas récolté de médailles en canoë-kayak. C'est la première fois depuis les Jeux de Barcelone, en 1992, que le pays est blanchi dans cette discipline. Il avait récolté trois médailles aux Jeux de Londres.