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20/08/2016 18:47 EDT | Actualisé 21/08/2017 01:12 EDT

JO-2016 - Le Brésil roi du "futebol"

Le Brésil a sauvé ses Jeux ! A la veille de la cérémonie de clôture, le pays-hôte a empoché "le seul titre qui comptait", en "futebol", aux dépens de l'Allemagne, deux ans après le naufrage du Mondial face au même adversaire.

Enfin des images de joie. Le mythique Maracana qui communie avec son équipe et ses jeux Olympiques. Des larmes de bonheur, des étreintes infinies au bout de la séance de tirs au but (1-1 a.p., 5-4 t.a.b). La Seleçao, sur laquelle pesait une énorme pression, a exorcisé sa traumatisante déroute (7-1) en demi-finale de "son" Mondial-2014 face au même adversaire.

L'enthousiasme a vite gagné tout le pays. "Brazil e o pais do futebol" (Le Brésil est le pays du foot), a écrit le site du grand groupe de presse Globo.

Certes, l'équipe olympique, composée de joueurs de -23 ans et de trois cadres, n'a qu'une lointaine ressemblance avec la grande équipe du Brésil. N'empêche, le symbole est d'autant plus fort que le tir au but victorieux a été marqué par Neymar, l'un des acteurs du cauchemar de 2014, blessé au moment de la fameuse demi-finale. C'est aussi lui qui a ouvert le score d'un somptueux coup franc.

Son but et son tir au but permettent au football Auriverde de ranger, enfin, dans l'armoire à trophées cette médaille d'or olympique, la seule qui manquait à son immense palmarès.

- 'Jeux emblématiques' -

"C'était une responsabilité que toute l'équipe portait, car c'est le sport numéro un dans notre pays, a reconnu le sélectionneur Rogerio Micale. Cette phase est passée et maintenant on va avoir un peu plus de tranquillité. Notre foot n'est pas mort, je crois beaucoup au potentiel de nos joueurs et à ce qu'on peut faire sur la scène mondiale".

Cette victoire dépasse le simple cadre du sport. "La sélection olympique de #futebol conquiert une médaille d'or inédite dans un moment historique pour le pays. C'est l'heure de nous redresser avec la grandeur de notre Brésil", a immédiatement twitté le président par interim Michel Temer, très impopulaire dans le pays.

Ce succès va apporter du souffle à la dernière ligne droite des JO, qui s'achèvent dimanche avec la cérémonie de clôture.

D'ores et déjà, Thomas Bach, le président du CIO, a estimé que Rio avait organisé des "Jeux emblématiques", les Brésiliens étant "des hôtes remarquables, unis derrière les jeux Olympiques".

Il a rendu un hommage appuyé au maire de Rio, Eduardo Paes, sans prononcer, en revanche, une seule fois le nom de Carlos Nuzman, président du Comité d'organisation qui avait ouvert les Jeux à ses côtés.

Thomas Bach n'a pas été plus loquace sur l'Irlandais Patrick Hickey, un des plus hauts dirigeants du CIO, incarcéré depuis 48 heures dans une prison de haute sécurité dans le nord de Rio.

"La présomption d'innocence prévaut, d'autant que M. Hickey n'a pas été entendu par un juge", a souligné M. Bach, ajoutant que la Commission d'éthique du CIO avait "pris note" de la démission de l'Irlandais de tous ses mandats au sein du mouvement olympique.

Haut dirigeant du CIO, Patrick Hickey est mis en cause dans un réseau de revente illégale de billets, qui a généré au moins 2,8 millions d'euros de recette, selon la police.

- Semenya sacrée sur 800 m -

Selon la magie des Jeux, un événement chasse l'autre. Et la victoire du Brésil éclipse déjà la sortie de la scène olympique du grand Usain Bolt, une 9e médaille d'or autour du cou.

Le Jamaïcain, auteur d'un "triple-triplé", est quand même venu chercher sa médaille, avant de s'asseoir dans les tribunes pour regarder Mo Farah réaliser un "double-doublé".

Le Britannique d'origine somalienne, déjà vainqueur du 10.000 m, a remporté le 5000 m en parcourant le dernier 200 m à la vitesse de l'éclair. Il réalise, donc, le doublé du grand fond (5000-10.000 m). Comme à Londres en 2012.

Cette dernière soirée sportive des Jeux de Rio a également réveillé certains vieux débats de l'athlétisme, avec la victoire de Caster Semenya sur 800 m.

Atteinte d'hyper-androgénie, une particularité génétique qui provoque une hausse naturelle du niveau de testostérone, la Sud-Africaine au physique surdimensionné domine ses adversaires.

Cette fois, elle a devancé la Burundaise Francine Niyonsaba et la Kényane Margaret Nyairera Wambui, dont les allures androgynes posent également question.

Semenya, intersexuée comme à priori 0,1 à 0,4% de la population mondiale, avait été sous le feu des projecteurs après son titre mondial en 2009. Son allure avait entraîné une enquête approfondie menée par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) pour déterminer son genre sexuel.

Son cas avait abouti à une réglementation spécifique concernant les athlètes intersexuées.

Semenya est revenue au plus haut niveau depuis un an, à la suite de la suspension de la réglementation de l'IAAF concernant les intersexuées, qui l'obligeait à se médicamenter pour réduire son taux de testostérone. Une nouvelle réglementation à ce sujet doit être présentée dans l'année qui vient.

En dehors de ces débats qui traversent l'athlétisme, cette quinzième journée des JO a consacré les premiers champions dans les sports "de ballon": les Etats-Unis ont décroché un 6e titre consécutif en basket féminin, la Russie s'est emparée du titre en handball dames, et les Serbes ont été sacrés en water-polo masculin aux dépens de la Croatie.

Très loin de la ferveur du Maracana.

pga/el