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20/08/2016 09:28 EDT | Actualisé 21/08/2017 01:12 EDT

Blanchi à Rio de Janeiro, Canoë-kayak Canada entend revoir sa façon de faire

RIO DE JANEIRO — Inattendus. C'est de cette façon que le directeur haute performance de Canoë-kayak Canada, Scott Logan, a décrit les Jeux olympiques des pagayeurs canadiens à Rio de Janeiro, où ils ont été exclus des podiums.

C'est la première fois en 24 ans, soit depuis les Jeux de Barcelone, en 1992, que le canoë-kayak canadien est blanchi, et ce, malgré la présence du champion du monde en titre du K-1 200 mètres, Mark de Jonge.

«Nous avons du travail à faire, mais nous le savions avant d'arriver ici, s'est défendu Logan au bassin du lac Lagoa. Nous sommes en période de reconstruction. Nous pensions assurément repartir d'ici avec une médaille et c'est décevant que ce ne soit pas le cas. Mais Mark (septième en finale) s'est donné en entier pour son pays et nous en sommes très fiers. (...) Ça ne semblait pas être sa régate.»

Comme le financement des fédérations sportives est intimement lié aux performances olympiques, Logan compte faire tout ce qui est en son pouvoir pour changer la donne d'ici Tokyo, en 2020.

«Nous devons analyser plusieurs aspects de notre programme, ce que nous avons déjà commencé. Nous avons procédé à une révision du programme haute performance, comme de nos ressources humaines. On regarde également ce qui se fait dans les centres nationaux d'entraînement (à Halifax, Lac-Beauport et Montréal). Beaucoup de choses sont mises en place afin qu'un plus grand nombre d'athlètes soient prêts pour ce niveau de compétition.

«Nous devons nous assurer qu'ils disposent du meilleur dans leur environnement quotidien, peu importe où ils sont. Et nous allons nous en assurer. (...) Nous mesurons tout maintenant. Nous allons nous servir de ces données pour voir si nous sommes prévisibles et s'il n'y a pas lieu de changer nos modèles.»

Craint-il que le financement, notamment celui d'À Nous le podium (ANP), ne soit revu à la baisse à la suite de la performance brésilienne des Canadiens?

«Je ne peux pas prédire cela. Mais ANP et les autres organismes de ce genre regardent les tendances à long terme. Mis à part Barcelone et Séoul (1988), nous avons toujours gagné des médailles. Depuis 1936, le canoë-kayak en a procuré beaucoup au Canada (NDLR: 24 exactement). Vous connaissez des hauts et des bas. Présentement, nous avons une équipe plus âgée, qui a extrêmement bien représenté le pays. La plupart d'entre eux prendront leur retraite et c'est notre travail d'amener à maturité la prochaine génération d'athlètes. ANP est très conscient de ce mouvement jeunesse.

«Cette année, aux Mondiaux des moins de 23 ans, nous nous sommes qualifiés pour 10 finales, soit le double de l'édition précédente. D'ici à 2020, cette nouvelle génération sera prête à produire.»

Frictions

Une des façons retenues pour donner le meilleur environnement possible aux athlètes est de les regrouper dans les centres nationaux d'entraînement, ce qui n'est pas obligatoire présentement. En plus des trois centres déjà existants, CKC annoncera la création de deux autres au cours des prochains jours, qui serviront particulièrement au canoë-kayak féminin.

«Dès l'an prochain, nos athlètes seront obligés d'appartenir à l'un de nos centres d'entraînement pour faire partie de notre programme et de toucher leur financement, comme c'est le cas à l'aviron.

«Imaginez à quel point nous serons en mesure de développer nos athlètes de cette façon, quand ils seront tous regroupés sous la gouverne des meilleurs entraîneurs et équipes de soutien de façon quotidienne. Vous ne pouvez faire autrement que de vous améliorer dans ces conditions. Malgré le soubresaut de la dernière semaine, c'est ce qui a rendu Mark (de Jonge) un double champion du monde et un médaillé de bronze à Londres.»

Mais cette nouvelle directive ne fait pas l'affaire de tous et l'atmosphère n'était pas au beau fixe au sein de l'équipe canadienne pendant les derniers JO.

«Nos relations ont été un peu tendues dernièrement, mais il faut réaliser que le travail du directeur haute performance, c'est de prendre des décisions difficiles. (...) Je dois établir les cadres dans lesquels nous travaillons. Parfois, si les standards ou les sélections ne vont pas dans le sens de certains athlètes, ça fait des mécontents. C'est mon travail de m'assurer que nos athlètes se retrouvent dans le meilleur environnement. Ils ne le sont pas présentement et c'est la source de certaines tensions, puisque je leur dis où ils devront maintenant aller s'entraîner.

«Mais regardez chez les moins de 23 ans. J'ai passé beaucoup de temps avec eux cette année. Ils comprennent ce que nous voulons faire et nous avons de très bonnes relations.»

Il est d'ailleurs bien conscient que son travail fera partie des aspects évalués par la fédération nationale à la suite de ces Jeux décevants.

«Toutes les solutions seront évaluées, y compris me remplacer. Tout le monde doit répondre de ses actions, c'est ce que j'exige de mes entraîneurs et c'est ce qui est exigé par mes patrons. Mais doit-on répondre du nombre de médailles remportées ou du processus mis en place pour offrir de bonnes performances? Je pense que nous sommes plutôt bons dans la mise en place du processus idéal et que nous serons encore meilleurs. Si nous ne devenons pas meilleurs, alors honte à moi et à mes entraîneurs. Nous devrons alors être tenus responsables.»