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17/08/2016 08:32 EDT | Actualisé 17/08/2016 08:32 EDT

Premier contact Nissan Titan Crew Cab 2017 : Un défi titanesque à relever

Courtoisie

Il y a un je-ne-sais-quoi chez beaucoup d’acheteurs de camionnettes; une série de mœurs profondément ancrées et une loyauté quasi indéfectible qui les fait marmonner, d’une voix rauque : « un pick-up, c’est américain. »

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Je ne peux pas prétendre avoir été immunisé à l’influence; j’ai été élevé par un baby-boomer propriétaire de maintes camionnettes de toutes grandeurs, mais fabriquées par seulement deux constructeurs… américains. D’ailleurs, mon paternel m’a déjà confié : « j’achèterai une camionnette pas américaine quand les porcs auront des ailes. »

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Or, mon ouverture d’esprit et mes compétences font de moi un bon candidat pour faire l’essai du nouveau Titan Crew Cab 2017; j’ai hérité de quelques-unes de ces camionnettes familiales, j’ai subi leurs nombreux bris mécaniques, et j’ai appris à atteler et tracter une remorque bien avant d’obtenir mon permis de conduire.

Gagner en crédibilité dans un segment dominé

On ne peut pas blâmer Nissan de vouloir redorer son blason dans le segment des camionnettes « demi-tonne ». Celui-ci est lucratif; le Ford F-150 est le favori dans les ventes de véhicules aux États-Unis. Le Titan figure dans le même segment, à des années-lumière derrière le favori, mais également loin derrière le Ram 1500, le GMC Sierra et le Chevrolet Silverado.

Même si ces camionnettes se retrouvent souvent sur les chantiers, elles aboutissent également dans les campings et sur la route des vacances, à tracter un bateau, une tente-roulotte, à se garer en parallèle en ville et à aller faire les courses avec les enfants sur la banquette arrière. De ce fait, pour s’attaquer correctement au segment et éviter de mordre la poussière, un constructeur se doit d’offrir un produit « bon à tout faire ».

Du chrome, du chrome et encore du chrome

Tout d’abord, le Titan Crew Cab hérite de la carapace de son grand frère, le Titan XD, celui-ci ayant emprunté les airs communs du segment. Inutile de mentionner que pour rivaliser avec les camionnettes « 1500 » il est de coutume d’user de chrome dans la conception esthétique des variantes supérieures.

De ce côté-là, les designers ont fait preuve de générosité. Ce ne sont plus des « accents », mais bien des panneaux de chrome que l’on a posés, comme sur le hayon de notre modèle Platinum Reserve. C’est un peu trop comme « décoration », mais mentionnons que le hayon assisté derrière ce panneau rend l’ouverture – et surtout la fermeture – de celui-ci beaucoup plus facile. La caisse qu’il renferme est munie d’éclairage à D.E.L. qui facilite le rangement dans la pénombre.

À l’avant, derrière la calandre massive et trop brillante se cachent des volets actifs qui ouvrent et ferment en fonction des besoins en air des systèmes comme le système de refroidissement et le climatiseur. Les variantes inférieures et le PRO-4X échappent à cette pléthore de chrome.

La motorisation à essence « Endurance »

Le tant attendu V8 de 5,6 litres dénommé « Endurance » développe 390 chevaux et 394 lb-pi de couple. Cette motorisation permet au Titan Crew Cab de remorquer jusqu’à 9 400 lb dès sa sortie de l’usine. Notons que le Titan Crew Cab partage son moulin « Endurance » avec l’Armada 2017, mais celui-ci ne s’appelle pas « Endurance » lorsqu’il est transplanté dans l’utilitaire pleine grandeur...

Sur la route, j’ai trouvé que la puissance se manifestait un peu tard en accélération; la réponse au niveau de l’accélérateur se faisait attendre par moments. Et nous n’avons pas pu le tester avec une remorque, ce qui aurait peut-être mis les choses en perspective.

Il est sans l’ombre d’un doute que le Titan a la capacité de remorquer ce que ses concepteurs prétendent, mais l’exercice pourrait prendre un peu de temps et de stratégie dans les pentes lorsque les 9 000+ livres seront attelés derrière.

L’agrément, je l’ai trouvé dans le confort de roulement et la tenue de route. Une suspension bien adaptée a assuré une tenue agréable, même sur les routes plus rugueuses, et sur les sentiers hors route grâce au système 4X4. Le Titan Crew Cab s’est avéré fort facile à conduire en milieu urbain, et je ne peux rien reprocher à la visibilité dans l’habitacle.

Un habitacle à tout faire

De l’espace de rangement plus que suffisant, des technologies correctes (les systèmes Apple CarPlay et Android Auto auraient été appréciés) et un confort douillet caractérisent l’habitacle. Celui de ma version Platinum Reserve était bien garni, à la limite du « quétaine » esthétique, avec les boiseries insérées dans le volant et l’embout du sélecteur de vitesse muni de coutures contrastées, le tout saupoudré de chrome, bien sûr! Il semble que les concepteurs ont tout mis pour justifier son prix.

Pour un look plus humble, il suffit de regarder dans les variantes inférieures.

Conclusion

Le Nissan Titan Crew Cab est offert en plusieurs déclinaisons, soit S, SV, PRO-4X, SL et Platinum Reserve. Notre modèle d’essai (Platinum Reserve) avait un prix de base de 65 800 $, mais des variantes comme la SV et la téméraire PRO-4X en coûtent 48 150 $ et 57 100 $ respectivement.

Finalement, pour tenter de convaincre les sceptiques, Nissan mise gros en offrant une garantie complète de 5 ans ou 160 000 km!

Un prochain conquérant? Les bons ingrédients sont dans la soupe. Mais les mœurs collent, et il faudra beaucoup de marketing musclé et de publicités dopées à la testostérone pour convaincre les acheteurs tenaces du segment de manger ladite soupe. De plus, le Ford F-150 2017 s’amène avec un V6 EcoBoost bonifié qui développe 470 lb-pi de couple. La tâche de persuasion est en effet titanesque!

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