POLITIQUE
17/08/2016 04:36 EDT | Actualisé 17/08/2016 04:44 EDT

Femmes autochtones disparues: Québec donne les pleins pouvoirs aux enquêteurs fédéraux (VIDÉO)

MONTRÉAL _ Pour offrir son entière collaboration à Ottawa qui a lancé au début du mois la Commission nationale d'enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées, Québec adopte un décret pour donner à ces commissaires fédéraux de pleins pouvoirs d'investigation dans la province.

Ils auront ainsi les mêmes pouvoirs qu'avait la Commission Charbonneau, a illustré la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, faisant référence à l'enquête québécoise sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

Cela permettra à la commission fédérale d'enquêter sur la violence et les problèmes vécus par les femmes autochtones au Québec.

L'annonce du décret a été faite mercredi à Québec par le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et par la ministre Vallée.

Celle-ci a confirmé que les cinq commissaires nommés par Ottawa auront les mêmes pouvoirs pour enquêter au Québec que s'ils avaient été mandatés en vertu de la Loi québécoise sur les commissions d'enquête.

Ils pourront donc convoquer des témoins, requérir des documents et formuler des recommandations, entre autres choses. Ils auront ainsi accès aux responsables de l'État et aux informations détenues par les instances gouvernementales du Québec.

Les forces policières québécoises et le réseau de protection de la jeunesse sont directement visés par le décret de Québec.

Le gouvernement québécois a écarté l'idée d'une commission d'enquête provinciale, demandée par certains dans la foulée de la violence policière dénoncée par des femmes autochtones à Val d'Or, pour éviter que les victimes aient à témoigner plus d'une fois de leurs expériences pénibles.

Pas de dédoublement, a souligné Mme Vallée.

"Pensons à ces femmes, pensons à ces victimes. Est-ce qu'on veut vraiment leur demander à deux reprises de venir partager leur vécu avec nous? Je pense qu'on doit avoir en tête le meilleur intérêt de celles pour qui cette commission a été mise en place."

Selon elle, cela permettra aussi d'accomplir un travail beaucoup plus élaboré et étoffé, parce que les femmes autochtones au Québec interagissent au quotidien à la fois avec des instances fédérales et d'autres relevant du gouvernement du Québec.

"Je pense que c'est très important dans l'optique d'une vue d'ensemble de la vie des femmes en question", a renchéri en point de presse le ministre Kelley.

"Le but ultime demeure la prévention, 1200 femmes autochtones assassinées et disparues, c'est un chiffre qui est beaucoup trop gros. Et qu'est-ce qu'on peut faire pour mieux protéger les femmes autochtones de notre société? Qu'est-ce qu'on peut faire pour prévenir ce genre de gestes?", a demandé le ministre.

Le gouvernement libéral a lancé la commission nationale le 3 août, après que le gouvernement conservateur de Stephen Harper eut refusé de la mettre sur pied pendant des années.

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